FT-CI

Troisième semaine de grève ã Aulnay

A PSA comme ailleurs, résister au chantage patronal et avancer dans la coordination des luttes

24/02/2013

Par Philippe Alcoy

Ce mardi 5 février des centaines de personnes se sont rassemblées devant l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois (93), bien surveillée par un gros cordon de vigiles et de « cadres », pour manifester leur soutien aux grévistes en lutte depuis plus de trois semaines, mais aussi pour dénoncer les attaques de la direction de cette multinationale contre des syndicalistes très impliqués dans la grève.

En effet, malgré la campagne nauséabonde de la part des médias et du gouvernement, relayée par certains bureaucrates syndicaux, visant ã criminaliser les grévistes et les rendre soi-disant responsables de la fermeture en raison de leur intransigeance, les différentes prises de parole exprimaient l’envie de continuer la lutte « jusqu’au bout » et le grand mécontentement vis-à-vis du gouvernement PS.

Dans la foule, on pouvait voir des délégations d’entreprises en lutte ou venues apporter leur soutien, comme Air France, Virgin, Presstalis, Renault, Faurecia et d’autres sous-traitants automobile, Goodyear, de Michelin, mais aussi d’autres délégations des sites PSA comme. Etaient également là des représentants de partis politiques tels qu’Olivier Besancenot pour le NPA, Nathalie Arthaud pour Lutte Ouvrière, Marie-George Buffet et Pierre Laurent pour le PCF, ainsi que des représentants du PG. Des dirigeants de la vague de luttes ouvrières de 2009-2010 ont également pris la parole, à l’image de Xavier Mathieu, ancien leader des Contis ã Clairoix. Visiblement ému, il a mis en garde les grévistes contre les tentatives de division de la part du patronat et ses acolytes et les a encouragé ã continuer leur lutte jusqu’au bout, pour le maintien de leurs emplois, en lançant à la fin de son discours « cette usine vous appartient ! Vous l’avez fabriquée, reprenez-là  ! ».

A la tribune on a fait part aussi de la solidarité financière qui arrive d’un peu partout, ce qui est fondamental pour la poursuite de la grève. On a évoqué notamment le cas de la ville de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), tenue par le Front de Gauche, qui a décidé de verser 20.000 euros à la caisse de solidarité pour soutenir la grève. D’autres équipes syndicales du groupe PSA et d’autres entreprises ont également organisé des collectes auprès de leurs collègues et sont venues les apporter à la porte de l’usine.

Mais cette solidarité qui se met en place n’est pas le fruit du hasard. La lutte des travailleuses et des travailleurs de PSA Aulnay symbolise ã elle seule la situation que vivent des dizaines de milliers de salariés avec leurs familles dans tout le pays. Des ouvrières et ouvriers menacés par la fermeture d’entreprises, par les licenciements massifs, par les plans de « flexibilisation (dégradation) de leurs conditions de travail ou ayant déjà perdu leur emploi. En effet, selon une enquête publiée par l’organe central du Medef, Les Echos, 266 entreprises de plus de 10 salariés ont fermé en 2012, soit 24 000 postes de travail perdus en 2012 et au bas mot plus de 120 000 postes de travail éliminés par les capitalistes depuis le début de la crise, sans même parler des entreprises qui risquent de fermer dans un futur proche. En ce sens, des luttes comme celle contre la fermeture du site de PSA Aulnay ont et auront sans aucun doute des répercussions au niveau national, plus particulièrement sur le mouvement ouvrier et populaire. Face aux attaques du patronat et du gouvernement, qui s’organise avec la complicité directe de certains secteurs de la bureaucratie syndicale, notre soutien actif ã ces luttes est et sera déterminant.

Des briseurs de grève !

Des traitres et des briseurs de grève, c’est le moins que l’on puisse dire de l’attitude des syndicats CFTC, FO et CFE-CGC de PSA Aulnay qui ont demandé à la direction de l’entreprise que des salariés non-grévistes d’Aulnay puissent aller travailler « temporairement et sur la base du volontariat » sur le site de Poissy. Se joignant à la campagne réactionnaire menée dans les médias, où l’on présente les grévistes comme des vandales et des violents, ils dénoncent « les agissements de la CGT » qui agit sous « l’impulsion de Lutte Ouvrière » mais qui en réalité « n’a rien ã faire des intérêts des salariés ». En bons représentants des intérêts des patrons au sein du mouvement ouvrier, il ont même eu le culot de lancer un avertissement : « PSA perd 7 millions d’euros chaque jour. Nous sommes à l’agonie. Ce plan [de fermeture du site d’Aulnay] est nécessaire. Si la thérapie est trop lente, le malade peut mourir », c’est pour cela que « nous travaillons pour obtenir les meilleures conditions de départ pour les salariés concernés ». Evidemment, la direction de PSA n’a pas hésité ã saluer « l’attitude responsable de l’intersyndicale CFE-CGC, CFTC, FO » [1]. Même si le SIA, « syndicat maison », ne participe pas de cette « intersyndicale collabo », il a lui aussi dénoncé « les méthodes violentes » des grévistes.

Ces syndicats jouent un rôle tout ã fait complémentaire à la répression que le patronat exerce au sein de l’usine. En effet, on parle beaucoup des soi-disant pressions de la part des grévistes sur les salariés non-grévistes. Cependant, rien n’est dit sur le fait que la vraie pression sur les non-grévistes vient de la part… de la direction elle-même qui veut empêcher que ceux-ci rejoignent la grève ! Sinon, comment expliquer l’envoi de 200 cadres des quatre coins du pays et de quelques ouvriers vers le site d’Aulnay, si ce n’est pour renforcer la pression et la répression sur les salariés ? Et cela sans compter les 30 % d’ouvriers en arrêt maladie qui refusent de faire les jaunes et qui sont terrorisés par la milice de cadres qui tourne dans les ateliers.

En tout cas, il est clair que l’objectif premier de cette « intersyndicale collabo », en demandant la mutation de salariés d’Aulnay ã Poissy, est de séparer les grévistes des non-grévistes pour empêcher que de nouveaux travailleurs rejoignent la lutte et que la grève prenne de l’ampleur. Mais la mutation d’une partie des salariés vers le site de Poissy pourrait avoir comme conséquence aussi de faciliter l’accélération de la fermeture du site d’Aulnay. On a beau tourner leur déclaration dans tous les sens, ces syndicats sont en train de trahir (pour la énième fois..) ouvertement les intérêts des travailleurs, en relayant les pires « conseils » ã propos de « l’attitude raisonnable » ã avoir pour « limiter la casse et sauver des emplois ». Ces traitres et briseurs de grève n’ont rien ã faire dans le mouvement ouvrier. La nécessité de l’auto-organisation des ouvrières et ouvriers, de la coordination des équipes syndicales combatives, avec une orientation lutte de classes et antibureaucratique devient de plus en plus une urgence, notamment dans cette période de crise, de menaces de licenciements et de luttes contre les fermetures d’entreprises mais aussi contre la politique d’austérité du gouvernement.

« Front Unique » contre les grévistes et les équipes syndicales qui résistent au chantage patronal

Patrons, médias, gouvernement et bureaucrates syndicaux, tous unis dans une violente campagne de diffamation et de criminalisation des travailleurs… notamment quand ils luttent et refusent de se plier au chantage et aux « conditions » imposées par le patronat pour « sauver les emplois » ! L’édito virulent et chargé de haine de classe publié dans Le Figaro du 1er février exprime à la perfection l’état d’esprit actuel de la bourgeoisie vis-à-vis de l’avis de tempête de lutte de classes qui s’annoncerait : « pour s’être opposée ã toute réorganisation, ã tout plan de départs volontaires et pour avoir systématiquement fait échouer les solutions de reprise, la CGT [de Goodyear Amiens-Nord] a fini par condamner le site. (…) Au bout du compte, ce sont les salariés, bernés par une poignée d’extrémistes, qui vont payer l’addition (…) [Mais] s’il n’y avait qu’Amiens-Nord ! À Aulnay, alors que se négocie l’avenir de 3000 salariés - avec comme objectif que personne ne se retrouve ã Pôle emploi - sous l’œil attentif du gouvernement, quelques dizaines d’excités vandalisent l’usine et terrorisent en toute impunité les non-grévistes. Dans l’usine de Pierre-Bénite du groupe chimique Arkema, la CGT, encore elle, a fait échouer un plan d’investissement de 70 millions d’euros en s’opposant ã une nouvelle organisation du travail. Dans la presse, la CGT, toujours elle, scie consciencieusement, depuis des années, la branche sur laquelle sont assis les journaux. Combien de temps encore tolérera-t-on les outrances de ces pyromanes de l’industrie ? » [2].

De son côté le gouvernement, ã travers « son aile gauche », en l’occurrence Arnaud Montebourg, ministre du « Redressement productif », demandait à la CGT de Goodyear Amiens-Nord de « mettre de l’eau dans son vin » tout en estimant qu’il n’y a pas d’autre alternative pour le site de PSA Aulnay que la fermeture. Plus scandaleuses encore, on songera aux déclarations de Laurent Berger, nouveau secrétaire général de la CFDT, pour qui la CGT Goodyear « porte une part de responsabilité » dans l’annonce de la fermeture du site d’Amiens. Quant à la grève ã Aulnay, il dénonce « les méthodes violentes » de la CGT, pour ensuite se vanter que sa section ã Aulnay n’avait pas appelé à la grève [3]. Mais la direction nationale de la CGT se trouve quant ã elle dans une position fort inconfortable car cette campagne réactionnaire de la bourgeoisie et ses associés vise directement des équipes CGT nettement plus combatives que la direction conciliatrice de Bernard Thibault et de son successeur, Thierry Lepaon. Mais c’est aussi indirectement la direction est aussi touchée. Elle doit alors composer entre sa tendance « naturelle » ã dénoncer tout en se distinguant des sections « gauchistes » d’une part et, de l’autre, le risque de perdre prise sur sa base en pleine ébullition. C’est ainsi qu’on peut comprendre sa critique de Fiodor Rilov, « l’avocat rouge » des Goodyear, accusé de « manipuler » les CGTistes d’Amiens-Nord [4], et de concert son appel ã une manifestation nationale contre les accords de flexibilité que viennent de signer par le Medef, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC… début mars (alors que l’accord est encore chaud, et c’est maintenant qu’il faudrait préparer la riposte).

En plus de la criminalisation des grèves et des luttes sociales en général cette opération bourgeoise vise aussi ã « naturaliser » l’idée qu’en période de crise il n’y aurait d’autre alternative pour les salariés que d’accepter des « sacrifices », autrement dit la précarisation et la dégradation de leurs conditions de travail et de vie. Le risque, en adoptant des positions « démagogiques et dogmatiques » sur le « chantage à l’emploi », serait la fermeture tout court des entreprises. Voilà ce qui se cache derrière le discours des bureaucrates syndicaux quand ils chantent les merveilles de la « flexisécurité ».

En effet, le passé très récent montre que tout cela est un grand mensonge. On n’a qu’à rappeler que les salariés de Continental ã Clairoix avaient eux aussi accepté des « accords de flexibilité » juste quelques mois avant la fermeture définitive de leur site. On traverse la crise la plus importante depuis celle des années 1930, c’est-à-dire que pour les capitalistes la flexibilisation de la main d’œuvre n’est pas suffisante et qu’ils essayeront d’imposer encore plus de fermetures d’usines et des licenciements massifs dans la prochaine période. Les capitalistes et les banquiers sont à la recherche de nouvelles sources de profit. Pour eux, le problème n’est pas simplement que les salariés en France sont « trop chers » mais, au nom de la soi-disant « surcapacité de production », ils se préparent ã raboter l’emploi, pour presser encore plus les salariés restants et se préparer, dans de meilleures conditions, ã affronter leurs concurrents. C’est ce qui s’est passé dans l’industrie automobile aux Etats-Unis depuis le début de la crise, où le patronat a licencié en masse pour rembaucher après, en ouvrant même de nouveaux sites parfois, mais avec des conditions de travail et des contrats extrêmement défavorables pour les ouvriers. C’est ce que les Varin et autres Ghosn s’apprêtent ã faire ici en France avec l’élimination de 18 700 postes de travail, c’est-à-dire 17% de l’emploi direct du secteur auto dans le pays !

En ce sens, les plans de flexibilisation dans l’industrie, mais pas seulement, n’est qu’un prélude à l’extension de ce « modèle » à l’ensemble du monde du travail. Sans évidemment que cela signifie que l’on va préserver des postes de travail ou maintenir des sites de production. Accepter ce chantage n’est pas seulement semer des illusions parmi les travailleurs et prôner la conciliation de classes, c’est une trahison ouverte à l’encontre l’ensemble du mouvement ouvrier hexagonal.

« La mort en bout de chaine »

Même en imaginant, ne serait-ce qu’une seconde, qu’il y aurait une possibilité de conserver son emploi en acceptant la « flexibilité », une question fondamentale pour les millions de travailleuses et de travailleurs dans ce pays est celle des conditions de travail et par conséquent de la vie. Et c’est précisément cette question qui est complètement absente des débats dans les médias et dans les milieux politiques pro-patronaux. Car ce que l’on nous propose c’est soit d’aller au Pôle Emploi, soit d’accepter de travailler avec des horaires ã rallonge, des cadences infernales, des pressions accrues pour « augmenter la productivité », des déplacements et mobilités forcés, etc., en plus de partir à la retraite de plus en plus tard et détruits au niveau de la santé. Or, si ce que l’on nous propose est déplorable, les conditions de travail actuelles dans un grand nombre d’usines sont déjà désastreuses. Dans la plupart des cas, c’est carrément une condamnation ã mort bien avant l’âge légal de départ en retraite [5]. Les dizaines milliers de travailleurs et travailleuses qui luttent contre la perte de leur poste de travail tiennent cependant à leur boulot. Non pas parce qu’ils entretiennent des illusions vis-à-vis de l’exploitation qui est la leur, mais parce que tous savent que la perte d’emploi et le chômage sont synonyme d’une dégradation plus aiguë encore des conditions de vie, de misère, menant souvent au désespoir, voire au suicide. Ainsi, la lutte contre les licenciements, les fermetures d’usines et les chantages patronaux prend également la dimension d’une lutte pour la survie et la dignité ouvrière et populaire, la condition sine qua non pour penser la contre-offensive dont notre classe a besoin.

Construisons la convergence des luttes pour gagner !

La bourgeoisie et son appareil politique et répressif, ã commencer par le ministre de l’intérieur Manuel Valls, se rendent déjà compte des risques de la situation actuelle. Ce n’est pas pour rien que l’on a demandé aux « services de renseignement » de la police ces derniers jours de surveiller de près les usines en difficulté, là où la « colère est palpable ». On évoque également les risques d’une coordination des équipes syndicales les plus « radicales » comme celles de PSA, Renault, Goodyear, Sanofi ou Candia. On parle aussi d’éventuels risques d’affrontements avec la police à l’occasion du rassemblement ã Rueil-Malmaison le 12 février devant le siège de Goodyear. Bref, la bourgeoisie se met en état d’alerte et en ordre de bataille.

Il faut lui rendre la monnaie de sa pièce. Si la bourgeoisie évoque les tendances à la convergence des luttes comme un danger pour elle, en parlant des quelques initiatives qui ont déjà eu lieu (meeting contre le licenciements et la convergence des luttes ã Science Po le 24 janvier, le rassemblement des Virgin sur les Champs Elysées et le rassemblement des boites en lutte devant le ministère du Travail le 29 janvier ou même le rassemblement devant PSA Aulnay mardi dernier), il nous faut donc continuer dans cette voie et l’approfondir.

La prochaine échéance, en ce sens, est le rassemblement du mardi 12, à laquelle il faudra venir nombreux, ceux qui sont déjà en lutte comme ceux qui le seront demain, public comme privé, instits et enseignants, en grève ce jour-là contre la politique gouvernementale, comme la jeunesse et les étudiants. Ce serait une bonne chose qu’à cette occasion des délégués de l’ensemble des entreprises en présence se rencontrent pour avancer dans un cadre de coordination plus solide et proposer un plan de lutte, des actions coordonnées, un cortège commun lors de la manifestation du 5 mars.

Dans le contexte de crises capitaliste que nous connaissons, les luttes des travailleurs contre les licenciements, les fermetures d’usines, les attaques contre les conditions de vie et de travail de la part des capitalistes, contre la politique austéritaire du gouvernement peuvent devenir un « catalyseur » de l’ensemble des souffrances que la société capitaliste impose aux couches populaires. Développer et approfondir les tendances à la convergence des luttes devient en ce sens fondamental pour que vraiment les capitalistes payent leur crise.

07/02/2013

  • NOTAS
    ADICIONALES
  • [1Le Figaro, « La CGT au banc des accusés ã Aulnay et ã Amiens », 1/2/2013.

    [2Le Figaro, « Les pyromanes de l’industrie », 1/2/2013.

    [3Depuis, des militants de la CFDT, ultra-minoritaire sur le site de PSA Aulnay, ont rejoint la grève.

    [4Voir l’article d’Usine Nouvelle : http://www.usinenouvelle.com/articl....

    [5A ce sujet le documentaire du réalisateur Mourad Laffite « La mort au bout de chaine », sur les conditions déplorables de travail à l’usine de Goodyear Amiens-Nord, est très illustratif.

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