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	<title> Fracci&#243;n Trotskista Cuarta Internacional </title>
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		<title>Dans le monde des puissants, les violeurs sont rois</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Leo Serge , Nina Kirmizi</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
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		<dc:subject>Actualidad</dc:subject>
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		<dc:subject>Francia</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; L'affaire DSK &#187; ne s'est jamais arr&#234;t&#233;e aux portes de la chambre n&#176;2806 du Sofitel de New York. En brisant la loi du silence qui entourait les conduites sexuelles criminelles de Dominique Strauss Kahn, elle, la femme de chambre immigr&#233;e africaine, lui, la figure pr&#233;sidentiable, le baron du parti socialiste &#224; la t&#234;te de la puissante institution financi&#232;re internationale, Nafissatou Diallo a ouvert les vannes. Quand toute la classe politique fran&#231;aise retenait son souffle et gardait son silence, des voix se sont fait entendre : l'affaire du Carlton de Lille, parmi d'autres histoires de viol et d'abus sexuel par abus de pouvoir que s&#232;ment les pas du violeur le plus puissant du monde, a de nouveau tra&#238;n&#233; DSK sur les bancs de la justice pour prox&#233;n&#233;tisme en bande organis&#233;e. Mais une fois de plus, les parties civiles ont abandonn&#233; la proc&#233;dure, et une fois de plus, le violeur le plus puissant du monde est en passe de s'&#233;chapper des filets d'une justice qui est de bout en bout de son c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://ft-ci.org/local/cache-vignettes/L150xH83/arton8908-c162e.jpg?1696134603' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; L'affaire DSK &#187; ne s'est jamais arr&#234;t&#233;e aux portes de la chambre n&#176;2806 du Sofitel de New York. En brisant la loi du silence qui entourait les conduites sexuelles criminelles de Dominique Strauss Kahn, elle, la femme de chambre immigr&#233;e africaine, lui, la figure pr&#233;sidentiable, le baron du parti socialiste &#224; la t&#234;te de la puissante institution financi&#232;re internationale, Nafissatou Diallo a ouvert les vannes. Quand toute la classe politique fran&#231;aise retenait son souffle et gardait son silence, des voix se sont fait entendre : l'affaire du Carlton de Lille, parmi d'autres histoires de viol et d'abus sexuel par abus de pouvoir que s&#232;ment les pas du violeur le plus puissant du monde, a de nouveau tra&#238;n&#233; DSK sur les bancs de la justice pour prox&#233;n&#233;tisme en bande organis&#233;e. Mais une fois de plus, les parties civiles ont abandonn&#233; la proc&#233;dure, et une fois de plus, le violeur le plus puissant du monde est en passe de s'&#233;chapper des filets d'une justice qui est de bout en bout de son c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le flic, le patron, et le politique : un r&#233;seau de prox&#233;n&#233;tisme politico-mafieux bien huil&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ressemble &#227; un mauvais casting : dans le r&#244;le du flic ripoux, Jean-Christophe Lagarde, Commissaire Divisionnaire de Police en charge de la s&#251;ret&#233; de Lille, franc-ma&#231;on, pass&#233; par la brigade des stup&#233;fiants et l'anti-gang lyonnais, charg&#233; de couvrir les arri&#232;res de l'organisation du r&#233;seau et s'adonnant aux r&#233;jouissances collectives. Comme truand, Dominique Alderweireld, dit &#171; Dodo la saumure &#187; , s&#233;lectionneur du &#171; mat&#233;riel &#187;, terme qu'il emploie avec DSK pour d&#233;signer les filles, en charge &#171; de la remonte de cheptel &#187; qu'il achemine de Belgique ou d'autres r&#233;gions d'Europe vers les lieux o&#249; se d&#233;roulent les &#171; parties fines &#187;. Enfin, autres figures de la notabilit&#233; lilloise, David Roquet, patron d'une filiale du groupe de BTP Eiffage, et Fabrice Paszkowski, responsable de la soci&#233;t&#233; de mat&#233;riel m&#233;dical Medicalis dans le Pas-de-Calais, s'ils n'ont pourtant pas le meilleur r&#244;le, se sont &#233;galement retrouv&#233;s sur le banc des pr&#233;venus. En &#171; guest star &#187;, bien s&#251;r, DSK, pour qui cette clique ne se m&#233;nage pas et met ses services &#227; disposition pour satisfaire le d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre &#171; large &#187; app&#233;tit sexuel de l'ex-pr&#233;sident du FMI : Madrid, Paris, New York, en &#171; bouquet garni &#187; ou accompagn&#233; d'une &#171; petite ukrainienne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces filles achemin&#233;es et d&#233;livr&#233;es par Dodo la Saumure, pratiquaient des services tarif&#233;s. Pourtant, DSK, tout comme Jean-Christophe Lagarde, haut grad&#233; dans la police, disent n'&#234;tre au courant de rien, et d'en avoir profit&#233; &#224; leur insu. Ces deux l&#224; ne reculent devant rien. Ni devant les t&#233;moignages des escorts elles-m&#234;mes qui auraient subi des pratiques sexuelles forc&#233;es et qui parlent des pratiques de DSK en termes &#171; d'abattage &#187;, &#171; de boucherie &#187;. Ni devant ceux de leurs co-pr&#233;venus qui confirment la pr&#233;sence de paiements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En aucun cas, il ne s'agit d'une affaire de m&#339;urs. L'exemplarit&#233; de cette affaire ne se situe pas au niveau de la braguette. Elle n'est pas li&#233;e au jugement moral qu'on peut porter ou non sur les pratiques sexuelles des personnages en question, comme s'en est d&#233;fendu DSK lors de sa comparution au tribunal. En r&#233;alit&#233;, jour apr&#232;s jour, les audiences d&#233;construisent m&#233;thodiquement les accusations &#233;labor&#233;es par les magistrats instructeurs concernant le plus c&#233;l&#232;bre des quatorze pr&#233;venus, avec la complicit&#233; du juge et du procureur, pour la transformer en simple d&#233;nonciation morale de ce qui r&#233;v&#232;le d'apr&#232;s eux des affaires et de la vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est bien d'autres choses qu'il s'agit et qui lie directement le statut des personnes inculp&#233;es, install&#233;es dans des postes de pouvoir et strat&#233;giques, des postes qui sont des clefs de vo&#251;tes du syst&#232;me politique de la bourgeoisie, les activit&#233;s criminelles qu'ils exercent - prox&#233;n&#233;tisme, viol en r&#233;union, abus sexuels...- prot&#233;g&#233;s par les fonctions qu'ils occupent, et le rapport &#224; la justice, qui, on l'a bien vu dans la cas du viol de Nafissatou Diallo, permet rarement de d&#233;masquer les puissants. Au sein de la classe politique fran&#231;aise, en passant par Sciences Po o&#249; il a &#233;t&#233; professeur, comme au FMI, tout le monde savait ce que l'affaire DSK-Nafissatou Diallo a r&#233;v&#233;l&#233; sur la personnalit&#233; de DSK. Ce que r&#233;v&#232;le l'affaire du Carlton va plus loin. Il s'agit bien de violence sexuelle et machiste, mais de violence sexuelle en bande organis&#233;e, couverte, tol&#233;r&#233;e, accept&#233;e. Ceux qui selon la loi bourgeoise &#8211; un commissaire par exemple - auraient du d&#233;noncer, enqu&#234;ter, &#233;taient de fait des participants voire des organisateurs de ces &#171; parties fines &#187;. La complicit&#233; s'&#233;tale, les mains de la haute bourgeoisie se r&#233;v&#232;lent, sa morale &#8211; non pas sexuelle mais politique &#8211; s'affiche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Violence sociale, violence patriarcale : DSK, le &#171; c&#233;l&#232;bre &#187; violeur impuni de la bourgeoisie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les femmes ont d&#233;clar&#233; que les relations sexuelles n'allaient que dans un sens, pour son plaisir &#224; lui seul, ce qui n'a rien de libertin : des relations d&#233;gradantes et parfois non consenties pour des femmes qui pourtant sont avis&#233;es des conditions d'exercice de la prostitution. Et quand les femmes pleuraient &#224; la barre, DSK, lui, n'a rien &#227; se reprocher : la violence sur les corps s'ach&#232;te dans la plus grande normalit&#233;, pour lui il s'agit de libertinage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence du rapport sexuel, en tant qu'acte de domination qui impose un acte sexuel, et le plaisir dont l'individu peut tirer de cet acte de domination, est l'essence m&#234;me de l'acte de viol. Le plaisir ne provient pas de la relation sexuelle, en tant que telle, qui, dans le cas de DSK, pourrait se suffire &#224; l'usage de services tarif&#233;s, mais bel et bien dans l'acte de soumission qu'il cherche &#227; imposer comme le soulignent les t&#233;moignages des femmes &#224; la barre, qui ont subi des relations non consenties. Nafissatou Diallo, Tristane Banon, les prostitu&#233;es du Carlton... A chaque fois, la violence sexuelle qu'impose DSK se double d'une violence sociale qui la rend possible. Cette domination sociale, l'influence et le r&#233;seau dont disposent les repr&#233;sentants des sph&#232;res dirigeantes de la bourgeoisie, garantissent l'impunit&#233; de l'acte de viol : la domination de classe est fonctionnelle &#224; la domination patriarcale. Que vaut la parole d'une prostitu&#233;e ou d'une femme de chambre face &#224; l'homme le plus puissant du monde ? Qu'en est-il des moyens &#233;conomiques pour acheter leur silence ? On a vu Nafissatou Diallo se faire tra&#238;ner dans la boue par la caste politique fran&#231;aise et les m&#233;dias, rempart protecteur en dernier ressort d'un de leurs membres. Ici encore, il n'est pas possible de parler de viol &#8211; terme qui n'est pas prononc&#233; au cours du proc&#232;s &#8211; ou d'agression sexuelle pour d&#233;signer la sodomie forc&#233;e dont a &#233;t&#233; victime une prostitu&#233;e. La prostitution ne prot&#232;ge pas du viol ! Au contraire, elle prot&#232;ge le violeur qui peut d&#233;l&#233;gitimer le discours d'une victime ayant subi un rapport non consenti (qu'il ait &#233;t&#233; r&#233;mun&#233;r&#233; ou non) en arguant de ses activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es auparavant, avant l'affaire du Sofitel de New York, toute la bourgeoisie amen&#233;e &#227; fr&#233;quenter DSK savait. Un guitariste de rock mondain gaffait et se d&#233;clarait plut&#244;t pour DSK comme pr&#233;sident mais regrettait son c&#244;t&#233; &#171; queutard &#187;, avant de s'excuser d'avoir dit ce qui ne se dit pas en public. La plupart des journalistes &#8211; l'une d'entre a m&#234;me subi une tentative de viol de la part de DSK et a du se taire comme lui a conseill&#233; sa m&#232;re&#8211; savait et se taisait. La plainte de Nafissatou Diallo a d&#233;fi&#233; la toute puissance de cet homme et l'impunit&#233; dont il jouissait de par sa position sociale. Elle a bris&#233; le silence qui r&#233;gnait autour de ses actes, celle des abus sexuels, de l'abus de ses positions, du silence qui enferme ses victimes dans la crainte de perdre leur travail, d'&#234;tre radi&#233; de toute opportunit&#233; au sein du riche et puissant r&#233;seau dont dispose DSK dans le monde politique et m&#233;diatique, comme ce f&#251;t le cas de sa secr&#233;taire au FMI. Elle n'a pourtant rien pu contre la justice bourgeoise et son r&#244;le, en dernier, ressort, de protection de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; la morale de la bourgeoisie ! Cela ne vous concerne pas ! Car il s'agit de cette &#171; vie priv&#233;e &#187; qui justifie le viol, tout comme le secret des affaires sert de paravent &#224; la privatisation des profits, &#224; la corruption et aux d&#233;tournements faramineux. Le lien entre propri&#233;t&#233; priv&#233;e et morale de la bourgeoisie, son expression dans la loi, d&#233;bouche sur une morale &#227; double tranchant aux cons&#233;quences en termes de justice, sans &#233;quivalent : alors qu'on impute &#227; DSK la na&#239;vet&#233; de croire que de belles jeunes femmes n'ont pas &#233;t&#233; pay&#233;es pour &#234;tre p&#233;n&#233;tr&#233;es brutalement par un homme beaucoup plus &#226;g&#233;, tr&#232;s riche et tr&#232;s influent &#227; deux poids et deux mesures, ce qui le d&#233;douanerait de toute poursuite judiciaire et ouvrirait sur un non lieu, la justice menace jusqu'&#224; 7 ans de prison des mineurs qui, ayant saccag&#233; un cimeti&#232;re juif, se sont rendus &#224; la police par crainte et assurent ne pas avoir eu conscience de la gravit&#233; des faits. Nous aurons notre conclusion dans ce cri : socialisme ou barbarie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18/02/15&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Turquie. Entre r&#233;pression et corruption, le gouvernement AKP plus que jamais dans la tourmente</title>
		<link>https://ft-ci.org/Turquie-Entre-repression-et-corruption-le-gouvernement-AKP-plus-que-jamais-dans</link>
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		<dc:date>2014-03-24T15:22:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nina Kirmizi</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
		<dc:subject>Actualidad</dc:subject>
		<dc:subject>Pol&#237;tica</dc:subject>
		<dc:subject>An&#225;lisis</dc:subject>
		<dc:subject>Turqu&#237;a</dc:subject>
		<dc:subject> CCR-4 Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Derni&#232;re minute. Les &#233;lections municipales du dimanche 30 avril en Turquie ont renforc&#233; le clan Erdogan au sein de l'AKP et ont raffermi le pouvoir du gouvernement, mis &#227; mal par de multiples scandales et affaires. Il y a fort &#227; parier que le Premier ministre va mettre &#227; profit la nouvelle conjoncture pour contre-attaquer, face &#224; l'opposition k&#233;maliste et, surtout, au sein de son propre parti, vis-&#224;-vis de la puissante confr&#233;rie g&#252;leniste. L'article, boucl&#233; juste avant le scrutin, montre n&#233;anmoins que par del&#224; la s&#233;quence actuelle, les contradictions que traverse la Turquie sont porteuses d'explosions potentielles qui pourraient &#227; nouveau marquer, dans les prochains mois, la situation du pays.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://ft-ci.org/Turquia-119" rel="tag"&gt;Turqu&#237;a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://ft-ci.org/Corriente-Comunista-Revolucionaria-Plataforma-Z-del-NPA-136" rel="tag"&gt; CCR-4 Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://ft-ci.org/local/cache-vignettes/L150xH82/arton7706-e692b.jpg?1696134603' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Derni&#232;re minute. Les &#233;lections municipales du dimanche 30 avril en Turquie ont renforc&#233; le clan Erdogan au sein de l'AKP et ont raffermi le pouvoir du gouvernement, mis &#227; mal par de multiples scandales et affaires. Il y a fort &#227; parier que le Premier ministre va mettre &#227; profit la nouvelle conjoncture pour contre-attaquer, face &#224; l'opposition k&#233;maliste et, surtout, au sein de son propre parti, vis-&#224;-vis de la puissante confr&#233;rie g&#252;leniste. L'article, boucl&#233; juste avant le scrutin, montre n&#233;anmoins que par del&#224; la s&#233;quence actuelle, les contradictions que traverse la Turquie sont porteuses d'explosions potentielles qui pourraient &#227; nouveau marquer, dans les prochains mois, la situation du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neuf mois ont pass&#233; depuis les mobilisations parties du parc Gezi &#227; Istanbul et qui ont enflamm&#233; les grandes villes de Turquie. Neuf mois pass&#233;s dans le coma pour Berkin Elvan, jeune de 15 ans, victime de la r&#233;pression polici&#232;re de l'Etat turc et d&#233;c&#233;d&#233; des suites de ses blessures le 11 mars. L'annonce de sa disparition a provoqu&#233; un regain des mobilisations anti-Erdogan. Mais ces neuf derniers mois ont &#233;galement &#233;t&#233; des mois de tourmente pour le gouvernement islamo-lib&#233;ral de l'AKP, pris dans une guerre fratricide au sommet de l'Etat sur fond de scandales de corruption et d'&#233;coutes ill&#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quelques semaines des &#233;lections municipales le gouvernement du Parti de la Justice et du D&#233;veloppement (AKP), au pouvoir depuis 2002, est plus que jamais d&#233;stabilis&#233;. Par la rue et les mobilisations de rejet de la politique conservatrice et r&#233;pressive de l'Etat mais &#233;galement par une intense dispute en son propre sein. Une v&#233;ritable guerre s'est en effet ouverte entre Recep Tayyip Erdogan, le premier ministre, et les membres de la confr&#233;rie islamique de Fethullah G&#252;len, lobby influent et r&#233;seau informel dans l'appareil d'Etat qui s'est distanci&#233; du gouvernement depuis juin dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ce n'est pas Dieu, mais le premier ministre Erdogan qui a pris mon fils &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mobilisations de juin et l'extr&#234;me r&#233;pression qui s'en est suivie ont r&#233;veill&#233; les consciences quant &#224; la nature du gouvernement de l'AKP. La mort de Berkin Elvan &#233;l&#232;ve &#227; sept le nombre de victimes de la r&#233;pression polici&#232;re et de l'extr&#234;me fermet&#233; du gouvernement d'Erdogan vis-&#224;-vis des manifestants et de la population. Sa disparition a de nouveau pouss&#233; des milliers de personnes qui ont accompagn&#233; son cercueil au cri de &#171; Tayyip assassin &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de contenir le m&#233;contentement &#227; son &#233;gard et d&#233;tourner l'attention sur ses agissements, le gouvernement d'Erdogan joue &#227; r&#233;activer les veilles divisions la&#239;cs / musulmans en Turquie, faisant des mobilisations anti-Erdogan des marques d'irr&#233;ligiosit&#233; comme si celles-ci constituaient une ligne de d&#233;marcation franche entre pro-Gezi et pro-AKP. En vain ! Les cartes se brouillent largement du fait de la participation des minorit&#233;s nationales et religieuses -notamment kurde et al&#233;vi &#8211; aux manifestations, le jeune Elvan, &#233;tant en effet de confession al&#233;vi, une branche de l'Islam sunnite. Mais aussi parce que l'image de la r&#233;pression et les d&#233;rives autoritaristes d'Erdogan sont dans la m&#233;moire de larges couches de la population, contribuant m&#234;me &#224; l&#233;zarder la base sociale de l'&#233;lectorat populaire de l'AKP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour cause : ce que la politique d'Erdogan compte &#227; son bilan, ce sont douze ann&#233;es d'application de politiques &#233;conomiques ultra-lib&#233;rales, qui n'ont fait qu'accentuer les in&#233;galit&#233;s dans un pays o&#249; beaucoup parmi les classes populaires n'ont pu profiter du &#171; miracle &#233;conomique turc &#187; qui est en train de s'essouffler : salaire minimum avoisinant les 400 euros, pression fonci&#232;re extr&#234;me aliment&#233;e par la sp&#233;culation et l'expulsion des populations les plus modestes de quartiers entiers des grandes villes, soumission au capital &#233;tranger venu chercher une main d'&#339;uvre form&#233;e et des bas salaires et limitation des perspectives d'emploi pour toute une g&#233;n&#233;ration marqu&#233;e par une relative d&#233;mocratisation de l'enseignement sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soi-disant attachement &#224; la libert&#233; d'expression qui avait &#233;t&#233; au c&#339;ur du projet politique de l'AKP pour d&#233;fendre le droit &#227; pratiquer sa religion dans l'espace publique, conception oppos&#233;e &#224; la politique de l'Etat turc k&#233;maliste d'imposition autoritaire de la la&#239;cit&#233;, n'a plus aucun fondement. R&#233;pression, autoritarisme, et censure d'Etat &#8211; on se rappelle des documentaires sur les pingouins sur CNN T&#252;rk pendant les manifestations ou la volont&#233; d'Erdogan d'exercer un contr&#244;le de la toile et des r&#233;seaux sociaux &#8211; ne sont d&#233;sormais plus l'apanage du k&#233;malisme ! Bien au contraire, l'islam politique de l'AKP n'a jamais rompu avec les fondements de l'Etat turc et ses pratiques : r&#233;pression du mouvement social, des minorit&#233;s nationales et des classes populaires, prisonniers politiques et enfermement des journalistes qui refusent de se plier au discours officiel, instrumentalisation d'un discours nationaliste, turco-sunnite, contre les minorit&#233;s religieuses, ethniques et nationales. Sur ces points l&#224; , l'AKP n'a rien &#227; envier au k&#233;malisme traditionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une guerre fratricide au c&#339;ur de l'Etat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#227; cette &#233;rosion de la base sociale du gouvernement AKP et au discr&#233;dit qui touche Erdogan depuis juin, rien de moins &#233;tonnant que de voir les meilleurs alli&#233;s d'Erdogan retourner leurs vestes ! Une partie de l'AKP semble vouloir se d&#233;barrasser du fusible Erdogan pour mieux sauver le projet politique de l'AKP, savant m&#233;lange de conservatisme social et de lib&#233;ralisme &#233;conomique. On a pu voir s'op&#233;rer ce retournement non pas lors des premiers jours des manifestations de Gezi mais au moment o&#249; l'intransigeance d'Erdogan et l'usage de la r&#233;pression semblaient aller trop loin. Cet exc&#232;s de &#171; z&#232;le &#187; d'Erdogan a oblig&#233; les chancelleries occidentales alli&#233;es d'Istanbul &#227; formuler des critiques &#227; son &#233;gard qui sont y compris venues de son propre camp. Abdullah G&#252;l, pr&#233;sident de la R&#233;publique, membre lui aussi de l'AKP, avait alors appel&#233; au calme et &#224; la n&#233;gociation. Une bonne occasion de sauver sa peau politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au del&#224; de cette guerre des chefs au sein du gouvernement, c'est v&#233;ritablement tout l'&#233;difice de l'AKP et de ses relais dans l'Etat qui est mis &#227; mal. Depuis d&#233;cembre, un scandale de corruption majeur secoue Erdogan et son entourage, impliquant notamment les fils de trois ministres, le maire du quartier de Fatih (AKP) &#227; Istanbul ainsi que des hommes d'affaire li&#233;s au secteur du BTP, proches eux aussi des islamo-conservateurs au pouvoir. Au rang des accusations, celle notamment d'avoir profit&#233; des juteuses retomb&#233;es de concessions immobili&#232;res obtenues via l'organisme du logement public TOKI, qui &#227; coup d'expulsions et d'expropriations m&#232;ne une politique d'&#233;viction des classes populaires des centres urbains. S'en est suivi une v&#233;ritable &#171; guerre des &#233;coutes &#187; lanc&#233;e contre le gouvernement, mettant directement en cause Erdogan, non seulement sur les dossiers de sp&#233;culations immobili&#232;res mais &#233;galement par rapport &#224; l'implication des services turcs dans l'assassinat des trois militantes kurdes, le 9 janvier 2013, &#227; Paris, une partie des enregistrements finissant sur les r&#233;seaux sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;chirements entre Erdogan et Fethullah G&#252;llen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;v&#233;lations et ces bandes sont sorties dans la foul&#233;e de la d&#233;cision d'Erdogan de fermer les &#171; dershanes &#187;, ces &#233;coles priv&#233;es d&#233;livrant des cours du soir de pr&#233;paration aux examens d'entr&#233;e &#224; l'universit&#233;. Ces &#233;coles constituent une manne financi&#232;re &#233;norme pour la confr&#233;rie de Fethullah G&#252;len, directement vis&#233;e par cette d&#233;cision. Elle a &#233;t&#233; en mesure de riposter gr&#226;ce &#227; un puissant r&#233;seau constitu&#233; au sein de la police et de la justice, confirmant par l&#224; m&#234;me les soup&#231;ons quant &#227; son infiltration des structures &#233;tatiques et bureaucratiques turques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confr&#233;rie G&#252;len, du nom de Fethullah G&#252;len, imam exil&#233; aux Etats-Unis en 1999 pour &#233;chapper aux poursuites judiciaires pour ses activit&#233;s anti-la&#239;ques, est &#224; la t&#234;te d'un puissant r&#233;seau, en Turquie et dans le monde. En Turquie, la confr&#233;rie est soutenue par des cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision et d&#233;tient le quotidien Zaman, &#227; tr&#232;s fort tirage. Elle s'est construite au travers d'un r&#233;seau d'&#233;coles, les dershanes, mais &#233;galement au sein de l'appareil d'Etat et entretient des liens tr&#232;s forts avec des entrepreneurs et notamment le syndicat patronal, la TUKSON, ainsi que l'imp&#233;rialisme &#233;tasunien. Bien que se d&#233;clarant apolitique, la confr&#233;rie est un alli&#233; objectif de l'AKP de par ses accointances id&#233;ologiques, son conservatisme social alliant Islam et lib&#233;ralisme &#233;conomique. En 2011, elle avait donn&#233; son soutien &#227; Erdogan dans le cadre de sa r&#233;&#233;lection. C'est lors des manifestations du printemps, que la confr&#233;rie a pris ses distances, non pas tant par rapport &#224; l'AKP, que vis-&#224;-vis d'Erdogan dont elle a d&#233;savou&#233; les pratiques, position relay&#233;e par Abdullah G&#252;l, proche de la confr&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ni Erdogan, ni g&#252;leniste, ni k&#233;maliste, la seule option, c'est la rue et la classe ouvri&#232;re de Turquie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans le bras de fer qui oppose Erdogan &#224; la confr&#233;rie G&#252;len et ses agents au sein et en dehors du gouvernement, les deux camps risquent de perdre des plumes ! En effet, mouill&#233; par les scandales, Erdogan n'a pas tard&#233; &#227; passer &#224; la contre-attaque. En r&#233;ponse &#224; l''op&#233;ration anti-corruption du procureur d'Istanbul, le g&#252;leniste Zekerya &#214;z, Erdogan a proc&#233;d&#233; &#227; une purge des appareils policiers et judiciaires accus&#233;s d'abriter un &#171; Etat dans l'Etat &#187;. Ce sont pr&#232;s de 6000 policiers et une vingtaine de procureur qui ont &#233;t&#233; mut&#233;s ou sanctionn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur fond de r&#232;glements de compte et de magouille d'Etat, la rue turque, que l'on a vu d&#233;filer en juin, les travailleurs et les classes populaires sont les seuls qui pourraient appara&#238;tre comme une l'alternative non seulement &#224; l'AKP, dans sa d&#233;clinaison erdoganiste ou g&#252;leniste, mais &#233;galement aux diff&#233;rents courants k&#233;malistes qui ne sont que leur pendant la&#239;cs qui ont &#233;t&#233; au pouvoir entre la fin du r&#233;gime militaire, en 1983, et 2002. La mobilisation actuelle, si elle s'&#233;largit, pourrait &#234;tre un nouveau point d'appui pour construire cette alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19/03/14&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#161;Abajo la intervenci&#243;n imperialista de Francia en Rep&#250;blica Centroafricana! </title>
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		<dc:language>es</dc:language>
		<dc:creator>Nina Kirmizi</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
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		<dc:subject> CCR-4 (Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA/ Corriente Comunista Revolucionaria- Plataforma Z del NPA), de Francia </dc:subject>
		<dc:subject>Rep&#250;blica Centroafricana</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Como sabemos, el cinismo del gobierno franc&#233;s no tiene l&#237;mites. Y entonces Fran&#231;ois Hollande eligi&#243; la v&#237;spera de la apertura de una cumbre &#8220;por la paz y la seguridad en el continente africano&#8221; para anunciar el lanzamiento de la operaci&#243;n &#8220;Sangalis&#8221; en Rep&#250;blica Centroafricana, el 5 de diciembre.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://ft-ci.org/Francia-115" rel="tag"&gt;Francia&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://ft-ci.org/local/cache-vignettes/L150xH82/arton7340-d6b51.jpg?1696134603' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Como sabemos, el cinismo del gobierno franc&#233;s no tiene l&#237;mites. Y entonces Fran&#231;ois Hollande eligi&#243; la v&#237;spera de la apertura de una cumbre &#8220;por la paz y la seguridad en el continente africano&#8221; para anunciar el lanzamiento de la operaci&#243;n &#8220;Sangalis&#8221; en Rep&#250;blica Centroafricana, el 5 de diciembre. Tambi&#233;n es el nombre de una especie local de mariposa roja, el sangalis, que fue elegido po&#233;ticamente para designar la nueva intervenci&#243;n francesa en &#193;frica, la cuarta desde 2011, la quincuag&#233;sima en cincuenta a&#241;os. Con el despliegue de 1.600 militares franceses, reforzando a efectivos locales de la base militar de M'Poko, cerca del aeropuerto de Bangui, oficialmente lo que est&#225; en juego es &#8220;evitar un genocidio entre cristianos y musulmanes&#8221;. La realidad de la geopol&#237;tica imperialista francesa es otra totalmente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esta intervenci&#243;n se inscribe en un contexto de cambio de poder en Rep&#250;blica Centroafricana que sigui&#243; a la ca&#237;da del presidente Fran&#231;ois Boziz&#233;, derrocado en marzo de 2013. Boziz&#233; hab&#237;a llegado al poder por un golpe de Estado apoyado por Francia en 2003 y se mantuvo frente al ascenso de un movimiento rebelde, gracias a una intervenci&#243;n conjunta de Francia y Chad en 2006. Esta vez, la S&#233;l&#233;ka (&#8220;Alianza&#8221; en sango), movimiento de &#8220;rebeldes&#8221;, logr&#243; apoderarse de la capital Bangui desde la primavera pasada. Uno de sus representantes, Michel Djotodia, se autoproclam&#243; luego presidente por un per&#237;odo de tres a&#241;os. Oficialmente disuelta en septiembre e integrada parcialmente a las estructuras de polic&#237;a del Estado centroafricano, la ex Seleka y sus combatientes mantienen sin embargo el funcionamiento miliciano que hab&#237;an tenido en el per&#237;odo de resistencia al poder de Boziz&#233;, con su destino de pillaje y acosamiento contra la poblaci&#243;n. Como respuesta, y para organizarse frente a los ex S&#233;l&#233;ka provenientes del Norte y de mayor&#237;a musulmana, se constituyeron grupos de autodefensa con predominio del sur y cristianos, los antibalaka (&#8220;anti-machette&#8221;). Inmediatamente despu&#233;s, las poblaciones musulmanas de Bangui, asimiladas a los miembros de la Seleka y al nuevo poder, actualmente se encuentran bajo coerci&#243;n, con decenas de muertos todos los d&#237;as.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un golpe de Estado larvado con la excusa de intervenci&#243;n &#8220;humanitaria&#8221;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Para calificar esta situaci&#243;n que exageradamente describe como &#8220;ca&#243;tica&#8221; y &#8220;previa al genocidio&#8221;, el gobierno franc&#233;s tiene mala memoria. Si la situaci&#243;n es la que es en el pa&#237;s, seguramente Paris tiene alguna responsabilidad: hace 50 a&#241;os que Francia mantiene tropas en Rep&#250;blica Centroafricana. Est&#225; dem&#225;s decir que no es enviando m&#225;s tropas como Fran&#231;ois Hollande va a arreglar algo. Yendo m&#225;s a fondo, la actual situaci&#243;n es producto de que Francia nunca rompi&#243; con una pol&#237;tica neocolonial en &#193;frica Central, instaurando hombres de Estado y destituy&#233;ndolos de acuerdo a sus intereses imperialistas, a partir de la descolonizaci&#243;n. Francia es responsable del estado de deterioro del pa&#237;s, que forma parte de los m&#225;s pobres del continente. Se olvida de su gran responsabilidad en las gestiones del derrocamiento de Boziz&#233;, al que hab&#237;a puesto en el poder militarmente hace diez a&#241;os, despreciando incluso los derechos democr&#225;ticos burgueses que dice defender en la actualidad en Rep&#250;blica Centroafricana a trav&#233;s de la resoluci&#243;n de la ONU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lo que se presenta como un conflicto confesional entre musulmanes y cristianos es en realidad la resultante de una expulsi&#243;n sistem&#225;tica de las poblaciones del Norte del pa&#237;s de los circuitos de redistribuci&#243;n de las riquezas ligadas al poder central, agravada, por otra parte, por la situaci&#243;n de miseria en la que est&#225;n sumergidas las poblaciones cualquiera sea su religi&#243;n. Si bien es verdad que en la regi&#243;n Norte de la Rep&#250;blica Centroafricana, que est&#225; entre las m&#225;s &#8220;subdesarrolladas&#8221;, en uno de los pa&#237;ses m&#225;s pobres del mundo, concentra poblaciones predominantemente musulmanas, lo que ha favorecido la constituci&#243;n de una milicia tal como la S&#233;l&#233;ka es sobre todo la ausencia total de perspectiva econ&#243;mica, la concentraci&#243;n de las riquezas de la econom&#237;a de renta en manos de algunos dirigentes d&#243;ciles con la potencia imperialista y que favorecen a su &#8220;clan&#8221; y la usurpaci&#243;n sistem&#225;tica del poder de decisi&#243;n. Es el estado de deterioro generalizado de las instituciones lo que explica la manera en que Boziz&#233; vacil&#243; tan r&#225;pidamente frente a la rebeli&#243;n, y luego, finalmente, tuvo que dejar el pa&#237;s, no sin haberse asegurado previamente su dinero y el de sus allegados en Suiza y en otros lugares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#161;Ning&#250;n motivo &#8220;humanitario&#8221; podr&#237;a justificar una intervenci&#243;n militar francesa, ni en Rep&#250;blica Centroafricana como tampoco en Mali o en Libia, en donde las consecuencias de la intervenci&#243;n militar de 2011 han sido m&#225;s que desastrosas! La historia de &#8220;Francia-&#193;frica&#8221; est&#225; all&#237; para hacernos recordar: Francia siempre supo usar la persuasi&#243;n o la fuerza, la intervenci&#243;n militar y sus redes, financiando milicias o mercenarios, seg&#250;n el caso, para hacer valer el respeto de sus intereses. Esto ocurri&#243; en Rep&#250;blica Centroafricana, cuando Francia apoy&#243; el golpe de Estado permitiendo la llegada al poder de Boziz&#233;. Parece que esto mismo ocurri&#243; para su destituci&#243;n: su ca&#237;da, orquestada por el movimiento rebelde S&#233;l&#233;ka, esta vez no ha sido impedida, sino m&#225;s bien alentada por Paris, sospechada de doble juego con la milicia que ahora quiere desarmar. El desgaste de diez a&#241;os de poder de Boziz&#233;, as&#237; como su concesi&#243;n de contratos de exploraci&#243;n petrolera en la zona de Boromata a empresas chinas, lo limaron como socio ideal para el imperialismo franc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Despu&#233;s de algunos meses en el palacio presidencial en Bangui en donde se comport&#243; como un perfecto aut&#243;crata, Michel Djotodia ya no lo ser&#237;a m&#225;s. Si este &#250;ltimo pudo expresar su &#8220;sincero agradecimiento y [su] profunda gratitud a Francia y especialmente al presidente&#8221;, Fran&#231;ois Hollande ve de otra manera el futuro de su autoproclamado hom&#243;logo centroafricano: &#8220;No se puede dejar en su cargo a un presidente que no pudo hacer nada, que ha dejado hacer&#8221;, refiri&#233;ndose a la incapacidad de Djotodia para desarmar las milicias, y posicion&#225;ndose a favor de elecciones previstas para 2015, en las que el presidente actual no tendr&#237;a derecho a presentarse. &#191;Golpe de Estado larvado? Esta intervenci&#243;n tiene todo el aspecto de eso, tanto m&#225;s cuanto que la inestabilidad sobre el territorio centroafricano, que tiene una ubicaci&#243;n estrat&#233;gica para el resto de la subregi&#243;n, podr&#237;a propagarse a los pa&#237;ses vecinos, y poner en peligro los intereses franceses, especialmente en Camer&#250;n, donde se presagia el fin del reinado de Paul Biya.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un nuevo despliegue del imperialismo franc&#233;s en la subregi&#243;n&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lejos de responder a una urgencia humanitaria, varios elementos llevan a creer que Francia preparaba desde hac&#237;a tiempo una intervenci&#243;n en Rep&#250;blica Centroafricana. Hace ya un a&#241;o Francia envi&#243; a Bangui, como refuerzo de los 250 soldados presentes en el lugar, un destacamento de 150 paracaidistas separados de su base militar de Libreville, en Gab&#243;n. En esa &#233;poca, la declaraci&#243;n de Fran&#231;ois Hollande al presidente Boziz&#233;, ya amenazado por los &#8220;elementos descontrolados&#8221; de la S&#233;l&#233;ka, sonaba como a sentencia de muerte pol&#237;tica: &#8220;si estamos presentes, no es para proteger un r&#233;gimen&#8221; sino &#8220;para proteger a nuestros s&#250;bditos y nuestros intereses&#8221;. Surgido de un mandato de la ONU, el env&#237;o de 1600 hombres suplementarios, en su mayor&#237;a provenientes de las bases que Francia dispone en Gab&#243;n y Camer&#250;n, no es m&#225;s que la prolongaci&#243;n de esta pol&#237;tica que apunta a reforzar un control sobre el territorio centroafricano. Se agregar&#237;an a los 6.000 hombres que dependen de la Uni&#243;n Africana y que tambi&#233;n responden a los intereses de los imperialistas, la Misi&#243;n Internacional de Apoyo a la Rep&#250;blica Centroafricana bajo conducci&#243;n africana (MISCA), compuesta en gran parte por efectivos de los ej&#233;rcitos de Gab&#243;n, Camer&#250;n y Chad, puesta al servicio de los intereses franceses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Hollande tiene dificultades para imponerse en el escenario interno, se posiciona de otro modo en &#193;frica donde quiere tener campo libre. Hay que destacar que se opera un verdadero giro de Paris con respecto a su pol&#237;tica en Rep&#250;blica Centroafricana. Francia se hab&#237;a descomprometido parcialmente hasta 2012, limitando los efectivos en su base a 250 militares. Con esta intervenci&#243;n, que contrasta, en un sentido, con las de Costa de Marfil en 2011 y la de Mali en el invierno pasado y en las que los intereses franceses est&#225;n m&#225;s afirmados, la operaci&#243;n militar en Rep&#250;blica Centroafricana anuncia un nuevo rumbo en el despliegue del imperialismo franc&#233;s en esta subregi&#243;n del continente africano.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lleg&#243; la hora de la uni&#243;n sagrada alrededor de &#8220;nuestras tropas&#8221; y la &#250;nica fuerza parlamentaria que se desmarc&#243; de Hollande fue el PCF que ha denunciado la operaci&#243;n sin organizar nada, por supuesto. Sin embargo, son muchos los que, en el seno mismo de la clase pol&#237;tica francesa, emiten sus dudas en cuanto al alcance estrat&#233;gico de una intervenci&#243;n de esta magnitud, en boca de Bruno Lemaire (UMP) y m&#225;s t&#237;midamente en la de Jean-Fran&#231;ois Cop&#233;. Es verdad que Francia tiene pocos intereses directos en Rep&#250;blica Centroafricana, pero los recientes descubrimientos en t&#233;rminos de recursos petroleros reforzaron la atracci&#243;n para los imperialistas de todo pelaje en un pa&#237;s ya rico en minerales. Adem&#225;s, Areva dispone un sitio de extracci&#243;n de uranio al Sudeste del pa&#237;s, en Bakouma. Pero desde junio de 2012 y el ataque de agresores chadianos, la multinacional francesa tuvo que suspender su actividad por el clima general de desarrollo de las milicias ugandesas, chadianas y centroafricanas en el pa&#237;s. De all&#237; el inter&#233;s por una operaci&#243;n de &#8220;mantenimiento del orden&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hay que construir la oposici&#243;n a la Operaci&#243;n Sangaris&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Con 900 soldados en Gab&#243;n, 350 en Camer&#250;n y 950 en Chad, presentes en las bases militares francesas heredadas de los acuerdos militares de la &#8220;descolonizaci&#243;n&#8221;, Francia dispone un incre&#237;ble dispositivo de control de la subregi&#243;n, que puede poner en marcha en cualquier momento al servicio del mantenimiento de sus intereses, as&#237; como para contrarrestar las veleidades imperialistas y econ&#243;micas de sus principales competidores en el territorio africano.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mientras contin&#250;a la crisis capitalista, Francia multiplica las intervenciones militares en &#193;frica y esto no es anodino. Primero Libia, luego Costa de Marfil y Mali, hoy la Rep&#250;blica Centroafricana. La apuesta de Paris es mantener sus intereses y arrogarse un acceso privilegiado a los recursos, nuevos y viejos, del continente africano. Francia entiende as&#237; mantener su rango en la guerra econ&#243;mica que la opone a las otras potencias imperialistas en el continente africano, pero tambi&#233;n ante las multinacionales chinas o sudafricanas que a veces le hacen sombra a las suyas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nunca desaparecido, el intervencionismo franc&#233;s retom&#243; envergadura en el continente africano desde 2011 y hoy salta a la vista para los que pudieron ceder a la ilusi&#243;n de un &#8220;rebrote de las relaciones franco-africanas&#8221; o de un cambio de pol&#237;tica con la llegada de los socialistas a la casa de gobierno francesa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La uni&#243;n sagrada en torno a Hollande y su guerra se hace por arriba. Por el contrario, al nivel de la opini&#243;n p&#250;blica y de las clases populares, la intervenci&#243;n est&#225; lejos de ser un&#225;nime, con 64% de opini&#243;n desfavorable. Con la acumulaci&#243;n de bronca contra la pol&#237;tica antipopular del gobierno, esta es una brecha m&#225;s que podr&#237;a abrirse en la protesta. Pero para eso, ser&#237;a necesario que las organizaciones obreras y populares, empezando por la extrema izquierda, no desertaran del terreno de la movilizaci&#243;n, incluso minoritaria en un primer momento, contra el intervencionismo imperialista franc&#233;s como lamentablemente se ha comprobado en el caso de Libia y Mali. Se trata de una cuesti&#243;n de solidaridad internacionalista elemental, porque sabemos bien que el ej&#233;rcito franc&#233;s no resolver&#225; nada de la crisis centroafricana ya que &#233;l es uno de sus ingredientes. Tambi&#233;n es una cuesti&#243;n pol&#237;tica fundamental aqu&#237;, en Francia, porque todo avance del imperialismo en el exterior s&#243;lo podr&#225; volverse en nuestra contra, en contra de los trabajadores, la juventud y las clases populares. Por eso hoy m&#225;s que nunca, &#161;hay que poner en pie un movimiento contra la Operaci&#243;n Sangaris y exigir el retiro de todas las tropas francesas de ocupaci&#243;n, de &#193;frica y de otros lados!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Con o sin mandato de la ONU, &#161;abajo la intervenci&#243;n francesa en Rep&#250;blica Centroafricana!&lt;br class='autobr' /&gt;
&#161;Abajo el imperialismo franc&#233;s y sus guerras colonialistas!&lt;br class='autobr' /&gt;
&#161;Basta de pillaje de los recursos por parte de Francia y sus multinacionales!&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>A bas l'intervention imp&#233;rialiste de la France en Centrafrique !</title>
		<link>https://ft-ci.org/A-bas-l-intervention-imperialiste-de-la-France-en-Centrafrique</link>
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		<dc:date>2013-12-10T13:00:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nina Kirmizi</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
		<dc:subject>Actualidad</dc:subject>
		<dc:subject>&#193;frica</dc:subject>
		<dc:subject>Pol&#237;tica Internacional</dc:subject>
		<dc:subject>An&#225;lisis</dc:subject>
		<dc:subject>Solidaridad Internacional</dc:subject>
		<dc:subject>Francia</dc:subject>
		<dc:subject> CCR-4 Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA </dc:subject>
		<dc:subject>Rep&#250;blica Centroafricana</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Qu'on le sache, le cynisme du gouvernement fran&#231;ais n'a pas de limites. Et c'est donc la veille de l'ouverture d'un sommet&#171; pour la paix et la s&#233;curit&#233; sur le continent africain &#187; que Fran&#231;ois Hollande a choisi pour annoncer le lancement de l'op&#233;ration&#171; Sangalis &#187; en Centrafrique, le 5 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://ft-ci.org/Francia-115" rel="tag"&gt;Francia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://ft-ci.org/Corriente-Comunista-Revolucionaria-Plataforma-Z-del-NPA-136" rel="tag"&gt; CCR-4 Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://ft-ci.org/Republica-Centroafricana" rel="tag"&gt;Rep&#250;blica Centroafricana&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://ft-ci.org/local/cache-vignettes/L150xH82/arton7326-80147.jpg?1696134603' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'on le sache, le cynisme du gouvernement fran&#231;ais n'a pas de limites. Et c'est donc la veille de l'ouverture d'un sommet&#171; pour la paix et la s&#233;curit&#233; sur le continent africain &#187; que Fran&#231;ois Hollande a choisi pour annoncer le lancement de l'op&#233;ration&#171; Sangalis &#187; en Centrafrique, le 5 d&#233;cembre. C'est donc le nom d'une esp&#232;ce locale de papillon rouge, le sangalis, qui a &#233;t&#233; po&#233;tiquement choisi pour d&#233;signer la nouvelle intervention fran&#231;aise en Afrique, la quatri&#232;me depuis 2011, la cinquanti&#232;me en cinquante ans. Avec le d&#233;ploiement de 1600 militaires fran&#231;ais, en renfort des effectifs locaux de la base militaire de M'Poko, pr&#232;s de l'a&#233;roport de Bangui, l'enjeu est officiellement &#171; d'&#233;viter un g&#233;nocide entre chr&#233;tiens et musulmans &#187;. La r&#233;alit&#233; de la g&#233;opolitique imp&#233;rialiste fran&#231;aise, elle, est tout autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette intervention s'inscrit dans un contexte de changement de pouvoir en Centrafrique qui fait suite &#224; la chute du pr&#233;sident Fran&#231;ois Boziz&#233;, renvers&#233; en mars 2013. Boziz&#233; avait &#233;t&#233; port&#233; au pouvoir par un coup d'Etat soutenu par la France en 2003 et maintenu face &#224; la mont&#233;e d'un mouvement rebelle gr&#226;ce &#227; une intervention conjointe de la France et du Tchad en 2006. Cette fois-ci, la S&#233;l&#233;ka (&#171; Alliance &#187; en sango), mouvement de &#171; rebelles &#187;, est parvenu &#227; s'emparer de la capitale Bangui depuis le printemps dernier. Un de ses repr&#233;sentants, Michel Djotodia, s'est depuis autoproclam&#233; pr&#233;sident pour une p&#233;riode de trois ans. Officiellement dissoute en septembre et int&#233;gr&#233;e partiellement aux structures de police de l'Etat centrafricain, la ex-Seleka et ses combattants maintiennent cependant le fonctionnement milicien qui avait &#233;t&#233; le leur dans la p&#233;riode de r&#233;sistance au pouvoir de Boziz&#233;, avec son lot de pillages et de harc&#232;lements contre la population. En riposte, et pour s'organiser face aux ex-S&#233;l&#233;ka venus du Nord et &#227; majorit&#233; musulmane, des groupes d'autod&#233;fense &#227; dominante sudiste et chr&#233;tienne se sont mis en place, les antibalaka (&#171; anti-machette &#187;). Dans la foul&#233;e, les populations musulmanes de Bangui, assimil&#233;es aux membres de la Seleka et au nouveau pouvoir en place sont actuellement vis&#233;es par des exactions, avec des dizaines de morts tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un coup d'Etat larv&#233;sur motif d'intervention &#171; humanitaire &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qualifier cette situation qu'il d&#233;crit &#227; outrance comme &#171; chaotique &#187; et &#171; pr&#233;-g&#233;nocidaire &#187;, le gouvernement fran&#231;ais a la m&#233;moire courte. Si la situation est ce qu'elle est dans le pays, Paris a tr&#232;s certainement une petite part de responsabilit&#233; : cela fait 50 ans que la France maintient des troupes en Centrafrique. Inutile de dire, au bas mot, que ce n'est pas en en envoyant plus que Fran&#231;ois Hollande va r&#233;gler quoi que ce soit. Plus profond&#233;ment, surtout, la raison de la situation actuelle est &#227; chercher du c&#244;t&#233; du fait que la France n'a jamais rompu avec une politique n&#233;o-coloniale en Centrafrique, instaurant des hommes d'Etat et les destituant au gr&#233; de ses int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes, et cela depuis la d&#233;colonisation. C'est la France qui est responsable de l'&#233;tat de d&#233;labrement du pays, qui fait partie des plus pauvres du continent. Elle oublie de rappeler sa lourde responsabilit&#233; dans les suites du renversement de Boziz&#233;, qu'elle avait port&#233; au pouvoir militairement il y a dix ans, au m&#233;pris m&#234;me des droits d&#233;mocratiques bourgeois qu'elle dit d&#233;fendre actuellement en Centrafrique au travers de la r&#233;solution onusienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se pr&#233;sente comme un conflit confessionnel entre musulmans et chr&#233;tiens est en r&#233;alit&#233; la r&#233;sultante d'une &#233;viction syst&#233;matique des populations du Nord du pays des circuits de redistribution des richesses li&#233;s au pouvoir central, aggrav&#233; par la situation de mis&#232;re dans laquelle sont plong&#233;es les populations, qu'elle que soit leur religion d'ailleurs. Si la r&#233;gion Nord de la Centrafrique, parmi les plus &#171; sous-d&#233;velopp&#233;es &#187; dans un des pays les plus pauvres au monde, concentre, certes, des populations &#227; dominante musulmane, c'est surtout l'absence totale de perspective &#233;conomique, la concentration des richesses de l'&#233;conomie de rente dans les mains de quelques dirigeants dociles &#224; la puissance imp&#233;rialiste et favorisant leur &#171; clan &#187;, l'usurpation syst&#233;matique du pouvoir de d&#233;cision, qui a favoris&#233; la constitution d'une milice telle que la S&#233;l&#233;ka. C'est l'&#233;tat de d&#233;labrement g&#233;n&#233;ralis&#233; des institutions qui explique la fa&#231;on dont Boziz&#233; &#227; tr&#232;s rapidement vacill&#233; face &#224; la r&#233;bellion, puis a d&#251; finalement quitt&#233; le pays, non sans avoir pr&#233;alablement plac&#233; son argent et celui de ses proches en suret&#233;, en Suisse en ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun motif &#171; humanitaire &#187; ne pourrait justifier une intervention militaire fran&#231;aise, pas plus en Centrafrique qu'au Mali ou en Libye o&#249; les cons&#233;quences de l'intervention militaire de 2011 ont &#233;t&#233; plus que d&#233;sastreuses ! L'histoire de la &#171; Fran&#231;afrique &#187; est l&#224; pour nous le rappeller : la France a toujours su user de la persuasion ou de la force, de l'intervention militaire et de ses r&#233;seaux, finan&#231;ant parfois milices et mercenaires, selon le cas, pour faire valoir le respect de ses int&#233;r&#234;ts. Ce f&#251;t le cas en Centrafrique, quand la France a soutenu le coup d'Etat permettant l'arriv&#233;e au pouvoir de Boziz&#233;. Il semble que ce soit &#233;galement le cas pour sa destitution : sa chute, orchestr&#233;e par le mouvement rebelle S&#233;l&#233;ka, n'a, cette fois, pas &#233;t&#233; emp&#234;ch&#233;e, mais plut&#244;t encourag&#233;e par Paris, soup&#231;onn&#233; de double-jeu avec la milice qu'elle souhaite d&#233;sarmer &#227; pr&#233;sent. L'usure des dix ans de pouvoir de Boziz&#233;, ainsi que sa concession de contrats de prospection p&#233;troli&#232;re dans la zone de Boromata &#227; des entreprises chinoises n'en faisaient plus le partenaire id&#233;al pour l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelque mois pass&#233;s au palais pr&#233;sidentiel &#227; Bangui o&#249; il s'est comport&#233; comme un parfait autocrate, Michel Djotodia ne le serait pas davantage. Si ce dernier a pu exprimer ses &#171; sinc&#232;res remerciements et [sa] profonde gratitude &#224; la France et tout particuli&#232;rement au pr&#233;sident &#187;, Fran&#231;ois Hollande, lui, voit d'une toute autre mani&#232;re l'avenir de son homologue autoproclam&#233; centrafricain : &#171; On ne peut pas laisser en place un pr&#233;sident qui n'a rien pu faire, a laiss&#233; faire &#187;, faisant r&#233;f&#233;rence &#224; l'incapacit&#233; de Djotodia &#227; d&#233;sarmer les milices, et en se positionnant en faveur d'&#233;lections pr&#233;vues pour 2015, et &#224; laquelle le pr&#233;sident actuel n'aurait pas le droit de se pr&#233;senter. Coup d'Etat larv&#233; ? Cette intervention en a tout l'air, d'autant que l'instabilit&#233; sur le territoire centrafricain, qui a une localisation strat&#233;gique pour le reste de la sous-r&#233;gion, pourrait se propager aux pays voisins, et mettre en p&#233;ril les int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais, notamment au Cameroun, o&#249; se pr&#233;sage une fin de r&#232;gne de Paul Biya.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un red&#233;ploiement de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais dans la sous-r&#233;gion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de r&#233;pondre &#227; une urgence humanitaire, de nombreux &#233;l&#233;ments portent &#227; croire que la France pr&#233;parait depuis longtemps une intervention en Centrafrique. Il y a un an d&#233;j&#224; la France envoyait &#227; Bangui, en renfort des 250 soldats pr&#233;sents sur place, un d&#233;tachement de 150 parachutistes d&#233;tach&#233;s de leur base militaire de Libreville, au Gabon. A l'&#233;poque, la d&#233;claration de Fran&#231;ois Hollande au pr&#233;sident Boziz&#233;, d&#233;j&#224; menac&#233; par les &#171; &#233;l&#233;ments incontr&#244;l&#233;s &#187; de la S&#233;l&#233;ka, sonnait comme au arr&#234;t de mort politique : &#171; si nous sommes pr&#233;sents, ce n'est pas pour prot&#233;ger un r&#233;gime &#187; mais &#171; pour prot&#233;ger nos ressortissants et nos int&#233;r&#234;ts &#187;. Assorti d'un mandant onusien, l'envoi de 1600 hommes suppl&#233;mentaires, pour la plupart d&#233;tach&#233;s des bases dont la France dispose au Gabon et au Cameroun, n'est que le prolongement de cette politique qui vise &#227; renforcer un contr&#244;le sur le territoire centrafricain. Ils viendront s'ajouter aux 6.000 hommes d&#233;pendant de l'Union Africaine et qui r&#233;pondent &#233;galement aux int&#233;r&#234;ts des imp&#233;rialistes, la Mission Internationale de soutien &#224; la Centrafrique sous conduite africaine (Misca), compos&#233; en large partie d'effectifs des arm&#233;es gabonaise, camerounaise et tchadienne, mis au service des int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Hollande a du mal &#227; s'imposer sur la sc&#232;ne int&#233;rieur, il en va tout autrement en Afrique o&#249; il veut avoir les coud&#233;es franches. Il faut noter que s'op&#232;re un v&#233;ritable tournant de Paris vis-&#224;-vis de sa politique en Centrafrique. La France s'en &#233;tait partiellement d&#233;sengag&#233; jusqu'en 2012, avec des effectifs sur sa base limit&#233;s &#227; 250 militaires. Avec cette intervention, qui tranche, dans un sens, avec celles en C&#244;t&#233; d'Ivoire en 2011 et au Mali &#224; l'hiver dernier et o&#249; les int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais sont plus affirm&#233;s, l'op&#233;ration militaire en Centrafrique annonce un nouveau cap dans le d&#233;ploiement de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais dans cette sous-r&#233;gion du continent africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure est &#224; l'union sacr&#233;e autour de &#171; nos troupes &#187; et la seule force parlementaire qui s'est d&#233;marqu&#233; de Hollande a &#233;t&#233; le PCF qui a d&#233;nonc&#233; l'op&#233;ration sans organiser quoi que ce soit, bien entendu. Cependant, nombreux sont ceux qui, au sein m&#234;me de la classe politique fran&#231;aise, &#233;mettent des doutes quant &#224; la port&#233;e strat&#233;gique d'une telle intervention, par la voix de Bruno Lemaire (UMP) et plus timidement par celle de Jean-Fran&#231;ois Cop&#233;. Il est vrai que la France a peu d'int&#233;r&#234;ts directs en Centrafrique, mais les r&#233;centes d&#233;couvertes en termes de ressources p&#233;troli&#232;res ont renforc&#233; l'attractivit&#233; pour les imp&#233;rialistes de tout poil dans un pays d&#233;j&#224; riches en minerais. De plus, Areva dispose d'un site d'extraction de l'uranium au Sud-Est du pays, &#227; Bakouma. Mais depuis juin 2012 et l'attaque d'assaillants tchadiens, la multinationale fran&#231;aise a d&#251; suspendre son activit&#233; du fait du climat g&#233;n&#233;ral de d&#233;veloppement des milices ougandaise, tchadienne et centrafricaine dans le pays. D'o&#249; l'int&#233;r&#234;t d'une op&#233;ration de &#171; maintien de l'ordre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il faut construire l'opposition &#224; l'Op&#233;ration Sangaris&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec 900 soldats au Gabon, 350 au Cameroun, et 950 au Tchad, pr&#233;sents dans des bases militaires fran&#231;aises h&#233;rit&#233;s des accords militaire de la &#171; d&#233;colonisation &#187;, la France dispose d'un incroyable dispositif de contr&#244;le de la sous-r&#233;gion, qu'elle peut enclencher &#227; tout moment au service du maintien de ses int&#233;r&#234;ts, tout comme pour contrer les vell&#233;it&#233;s imp&#233;rialistes et &#233;conomiques sur le territoire africain de ses principaux concurrents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la crise capitaliste se poursuit, la France multiplie les interventions militaires en Afrique et ce n'est pas anodin. D'abord la Libye, puis la C&#244;te d'Ivoire et le Mali, aujourd'hui en Centrafrique. L'enjeu, pour Paris, c'est de maintenir ses int&#233;r&#234;ts et s'arroger un acc&#232;s privil&#233;gi&#233; aux ressources, nouvelles et anciennes, du continent africain. La France entend ainsi maintenir son rang dans la guerre &#233;conomique qui l'oppose aux autres puissances imp&#233;rialistes sur le continent africain, mais &#233;galement vis-&#224;-vis des multinationales chinoises ou sud-africaines qui parfois font le l'ombre aux siennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais disparu, l'interventionnisme fran&#231;ais a repris de l'envergure sur le continent africain depuis 2011 et aujourd'hui il cr&#232;ve les yeux de ceux qui ont pu c&#233;der &#224; l'illusion d'un &#171; renouveau des relations fran&#231;africaines &#187; ou d'un changement de politique avec l'arriv&#233;e des socialistes &#224; l'Elys&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'union sacr&#233;e derri&#232;re Hollande et sa guerre se fait par le haut. En revanche, au niveau de l'opinion publique et des classes populaires, l'intervention est loin de faire l'unanimit&#233;, avec 64% d'opinion d&#233;favorable. Avec l'accumulation des col&#232;res contre la politique antipopulaire du gouvernement, c'est une br&#232;che de plus qui pourrait s'ouvrir dans la contestation. Mais pour cela, il faudrait que les organisations ouvri&#232;res et populaires, &#227; commencer par l'extr&#234;me gauche, ne d&#233;serte pas le terrain de la mobilisation, m&#234;me minoritaire dans un premier temps, contre l'interventionnisme imp&#233;rialiste fran&#231;ais comme cela s'est malheureusement v&#233;rifi&#233; dans le cas de la Lybie et par la suite du Mali. Il s'agit d'une question de solidarit&#233; internationaliste &#233;l&#233;mentaire, car on ne sait que trop que l'arm&#233;e fran&#231;aise ne r&#233;soudra rien &#224; la crise centrafricaine puisqu'elle en est un des ingr&#233;dients. C'est aussi une question politique fondamentale ici, en France, car toute avanc&#233;e de l'imp&#233;rialisme &#224; l'ext&#233;rieur ne pourra que se retourner contre nous, les travailleurs, la jeunesse et les classes populaires. C'est pour cela que plus que jamais il faut mettre sur pied un mouvement contre l'Op&#233;ration Sangaris et exiger le retrait de toutes les troupes fran&#231;aise d'occupation, en Afrique et ailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec ou sans mandat onusien, &#227; bas l'intervention fran&#231;aise en Centrafrique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A bas l'imp&#233;rialisme fran&#231;aiset ses guerres colonialistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stop au pillage des ressources par la France et ses multinationales !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;09/12/13&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>T&#250;nez: Mujeres en revoluci&#243;n... contra las patronales francesas</title>
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		<dc:language>es</dc:language>
		<dc:creator>Flora Carpentier, Nina Kirmizi</dc:creator>


		<dc:subject>Movimiento Obrero</dc:subject>
		<dc:subject>Mujer</dc:subject>
		<dc:subject>Actualidad</dc:subject>
		<dc:subject>&#193;frica</dc:subject>
		<dc:subject>An&#225;lisis</dc:subject>
		<dc:subject>La Primavera &#193;rabe</dc:subject>
		<dc:subject>Eugenia Victoria</dc:subject>
		<dc:subject> CCR-4 (Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA/ Corriente Comunista Revolucionaria- Plataforma Z del NPA), de Francia </dc:subject>
		<dc:subject>Magreb</dc:subject>
		<dc:subject>Mundo &#193;rabe</dc:subject>
		<dc:subject>T&#250;nez</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En ocasi&#243;n de la llegada a Francia, el mes pasado, de Sonia Jebali y Monia Dridi, delegadas sindicales de la UGTT, despedidas de la f&#225;brica LATelec de Fouchana (T&#250;nez), en Par&#237;s y Toulouse (donde se ubica una de las sedes de Latecoere) tuvieron lugar una serie de encuentros para popularizar su lucha y debatir sobre &#8220;Los trabajadores y el derecho sindical. &#191;Cu&#225;les son las apuestas para las mujeres en T&#250;nez?&#8221;. Despu&#233;s de habernos reunido con ellas, dedicamos este art&#237;culo que busca dar testimonio de este combate para pensar c&#243;mo organizar la respuesta.&lt;/p&gt;

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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;En ocasi&#243;n de la llegada a Francia, el mes pasado, de Sonia Jebali y Monia Dridi, delegadas sindicales de la UGTT, despedidas de la f&#225;brica LATelec de Fouchana (T&#250;nez), en Par&#237;s y Toulouse (donde se ubica una de las sedes de Latecoere) tuvieron lugar una serie de encuentros para popularizar su lucha y debatir sobre &#8220;Los trabajadores y el derecho sindical. &#191;Cu&#225;les son las apuestas para las mujeres en T&#250;nez?&#8221;. Despu&#233;s de habernos reunido con ellas, dedicamos este art&#237;culo que busca dar testimonio de este combate para pensar c&#243;mo organizar la respuesta.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En diciembre de 2010, en Fouchana LATelec, del grupo Franc&#233;s Lat&#233;co&#232;re, subcontratista dentro de la aeron&#225;utica, se declara en huelga. Los 400 trabajadores- 90% mujeres - decidieron poner fin a los abusos que sufren: los sueldos escandalosos, las horas extras obligatorias no remuneradas, la humillaci&#243;n y el acoso sexual. Unas semanas antes de la ca&#237;da de Ben Ali, en el coraz&#243;n del proceso revolucionario, los trabajadores iniciaron una lucha contra una de las figuras del imperialismo franc&#233;s en T&#250;nez. Ellos hoy llaman a la solidaridad, incluyendo a los trabajadores de LATelec en Francia, para luchar juntos contra todos los chantajes de la empresa.. Desafiando la dictadura patronal dentro de la f&#225;brica,, esta lucha es el espejo de un desaf&#237;o al r&#233;gimen, que bajo Ben Ali y ahora, contin&#250;a sirviendo a los intereses de los empresarios extranjeros, entre ellos el franc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En el a&#241;o 2005 LATelec, filial del grupo Latecoere, una empresa francesa de mobiliario y cableado de aviones, ha llevado una parte de su producci&#243;n a T&#250;nez, y a Fouchana en particular donde se produce el cableado. LATelec, n&#250;mero uno a nivel mundial en estas &#225;reas, es la principal proveedora de las grandes empresas francesas y europeas aeron&#225;uticas y de armamentos, como Dassault, Eurocoptere o Airbus especialmente, cuyo capital es mayoritariamente del Estado Franc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beneficiado por los pedidos de Airbus, esta empresa genera enormes ganancias que recibe producto de la explotaci&#243;n de una mano de obra &#8220;barata&#8221;, mal paga y de una legislaci&#243;n laboral muy flexible en beneficio de los empresarios y f&#225;cil de eludir. Al contratar mujeres, el objetivo de LATelec es reducir al m&#225;ximo los costos de producci&#243;n para imponer salarios bajos, todo esto sacando provecho de una mano de obra &#8220;d&#243;cil&#8221; y disciplinada. Esto lo hac&#237;an sin tomar en cuenta la combatividad de los obrero/as en la f&#225;brica, su hartazgo de los abusos y de la explotaci&#243;n, y sus &#8220;aspiraciones&#8221; a la dignidad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La revoluci&#243;n en la f&#225;brica&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tuvieron que esperar cuatro a&#241;os para poder manifestar su bronca. Cuatro a&#241;os en los que la legislaci&#243;n laboral tunecina permite al empleador renovar los contratos con una duraci&#243;n determinada, sin ninguna garant&#237;a para el asalariado de poder conservar su empleo, antes de obtener un CDI (Contrato de Duraci&#243;n Indeterminada). Cuatro a&#241;os de incertidumbre y de precariedad, cuatro a&#241;os para quedar &#8220;est&#250;pidos y disciplinados&#8221;. Sin embargo, los trabajadores de LATelec en Fouchana ten&#237;an motivos para estar enojados: trabajan 40 horas semanales y reciben la mitad de su pago (20 horas), acoso permanente &#8211;moral y sexual- por parte de la gerencia de la empresa (mayoritariamente hombres), no ofrecen ninguna perspectiva econ&#243;mica en la vida, insultos, amenazas, humillaciones, etc. Son cotidianos. &#161;Esto no pod&#237;a seguir as&#237;! En marzo de 2011, los obreros deciden pasar a la ofensiva y abren una secci&#243;n sindical de la UGTT (Uni&#243;n General Tunecina de Trabajo), a la cual adhieren 420 de los 450 trabajadores/as del lugar. Como muchos otros trabajadores tunecinos, ellos tambi&#233;n aprovechan el clima revolucionario para denunciar la explotaci&#243;n que sufren. De este modo, establecen una lista de reivindicaciones que presentan a la direcci&#243;n de LATelec. Pero como se sospechaba, estos se oponen firmemente a cualquier mejora en sus condiciones de trabajo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Para sofocar r&#225;pidamente este asunto, intentan incluso sobornar a los delegados sindicales, aunque sin tener &#233;xito. Como es costumbre para la patronal, una vez descartada la posibilidad de encontrar aliados en el seno del movimiento de quienes se est&#225;n organizando, la direcci&#243;n de LATelec cambia de estrategia y opta por la represi&#243;n: los sindicalistas soportan todo tipo de amenazas, pero eso no los para. Luego de ocho meses de negociaci&#243;n, el creciente enojo de los trabajadores termina por hacer retroceder a la direcci&#243;n de LATelec: en Mayo de 2012 se firm&#243; un acuerdo. Este acuerdo contempla todas las reivindicaciones que planteaban los trabajadores, las cuales son: regularizaci&#243;n de las horas extras, quince d&#237;as de vacaciones pagas, reconocimiento de la calificaci&#243;n, aumento salarial, &#191;demasiado bueno para ser cierto? Lo que sigue de la historia mostrar&#225; que esto fue una retirada t&#225;ctica por parte de la direcci&#243;n de la empresa para preparar mejor un nuevo ataque&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reubicar para reinar: el juego de gesti&#243;n de LATelec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de septiembre del 2012, la gesti&#243;n pone en marcha un plan para &#8220;enterrar&#8221; definitivamente todo atisbo de organizaci&#243;n, y disuadir a aquellos trabajadores que, en las empresas vecinas, pudieran sentirse tentados de tomar como ejemplo el combate de los obreros de LATelec. La patronal, quiere crear un sindicato de la empresa, que tendr&#225; como objetivo reemplazar a la UGTT. Pero a pesar de las intimidaciones y las repetidas amenazas contra los sindicalistas de la UGTT, este sindicato de unos treinta jer&#225;rquicos no logra imponerse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direcci&#243;n de LATelec acelera su respuesta organizando un lock-out patronal. Cuando los trabajadores llegan a la f&#225;brica el 20 de septiembre por la ma&#241;ana, la encuentran cerrada, con un cartel en el cual se puede leer: &#8220;A prop&#243;sito de graves incidentes, de insultos y de secuestros, la f&#225;brica permanecer&#225; cerrada hasta nuevo aviso&#8221;. Estas no son m&#225;s que mentiras de la patronal, que busca con esto dividir a los trabajadores. Seis d&#237;as m&#225;s tarde, la direcci&#243;n propone una reapertura de la f&#225;brica, pero con algunas condiciones: los delegados sindicales de la UGTT deben quedar afuera. Este nuevo ataque se enfrentar&#225;, una vez m&#225;s, a la gran solidaridad entre los trabajadores que se niegan a retomar el trabajo sin sus delegados.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direcci&#243;n del grupo Latecoere entonces se mover&#225; hacia Francia, para intentar buscar una soluci&#243;n a este asunto que hace ruido en la regi&#243;n, cuesti&#243;n que quiere evitar a toda costa. Al mismo momento, el secretario general de la UGTT recibi&#243; amenazas de muerte y se dirige a Fouchana. Pero la direcci&#243;n de LATelec siempre se niega a abrir las puertas de la f&#225;brica. Por lo tanto, los trabajadores decidieron iniciar una huelga por tiempo indeterminado, que se mantuvo durante cuatro semanas. Cuando finaliza la medida, logran acceder a la f&#225;brica, y encuentran el lugar vac&#237;o. El stock y las m&#225;quinas fueron retirados, dejando a los trabajadores sin medidas de presi&#243;n sobre los patrones. La directiva de la empresa ha interpretado, una vez m&#225;s, a su favor el C&#243;digo de Trabajo de T&#250;nez, y para los trabajadores la reducci&#243;n del volumen de la producci&#243;n, considerada como una falta grave y motivo v&#225;lido para los despidos. De esta manera, ante el fracaso de su m&#233;todo de divisi&#243;n de los trabajadores dentro de la f&#225;brica, la direcci&#243;n decidi&#243; plantear un chantaje a nivel internacional transfiriendo una parte de la producci&#243;n a Tarbes, en Francia. Esta transferencia, que por el momento es provisoria, particularmente pretende dividir la f&#225;brica para reducir la producci&#243;n, y de esta forma romper los lazos de solidaridad que se han creado, buscando tambi&#233;n la fuerza de trabajo a un costo bajo y disciplinando con el control de un sindicato propatronal en la empresa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mientras tanto, en Tarbes, los trabajadores son empleados con contratos temporales, el contrato m&#225;s precario, para paliar esta situaci&#243;n y disuadir cualquier intento de organizaci&#243;n. La producci&#243;n francesa que algunos reivindican como una garant&#237;a de mantenimiento del progreso social, termina siendo &#250;til a la divisi&#243;n de la clase obrera: ese chantaje permite utilizar a los trabajadores franceses de Tarbes para quebrar la protesta social que se desarrolla en Fouchana y avanzar sobre las conquistas de los trabajadores tunecinos. En realidad, los trabajadores temporales contratados en Francia constituyen un ej&#233;rcito de reserva, destinados a ser despedidos una vez que la f&#225;brica de Fouchana vuelva a operar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De T&#250;nez a Francia, la pelea de Sonia y Monia contra las maniobras de LATelec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las delegadas sindicales aun despedidas, sobre todo Sonia y Monia no abandonaron la lucha. Al pasar por el Foro Social Mundial en T&#250;nez, se rodearon de un comit&#233; de solidaridad, que les ha permitido viajar a Francia para contar su lucha. Orgullosas de su lucha, ellas cuentan las intimidaciones, la violencia f&#237;sica de la que han sido v&#237;ctimas en las puertas de la f&#225;brica, y las amenazas de muerte por parte de l0s directivos de la empresa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ellas igualmente destacan c&#243;mo son v&#237;ctimas no de una doble, sino que de una triple opresi&#243;n en tanto trabajadoras, mujeres y madres. &#8220;Reclamar una representaci&#243;n sindical en una empresa privada en T&#250;nez no es algo com&#250;n. Pero como una mujer, es a&#250;n m&#225;s raro&#8221;. Por lo tanto, las mujeres est&#225;n mayormente subrepresentadas en los sindicatos, con s&#243;lo un 9% de delegadas sindicales, sumado a que sus salarios son bastante m&#225;s bajos de los que perciben los hombres, y que la tasa de desocupaci&#243;n entre la poblaci&#243;n femenina se estima en un 27% en T&#250;nez (contra un 18% entre los hombres). Las mujeres son las que m&#225;s padecen las consecuencias de los contratos de corto plazo y la superexplotacion, como es el caso de las obreras de LATelec Fouchana, sin nombrar a todas las trabajadoras del sector informal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Estas son entonces las condiciones particulares de explotaci&#243;n que conducen a las mujeres a jugar un rol fundamental en el proceso revolucionario tunecino. &#8220;Nosotras queremos mantener nuestro trabajo sin perder nuestra dignidad&#8221;, dijo Sonia. Ellas luchan hoy en d&#237;a por su reincorporaci&#243;n a la planta, y contra los l&#237;mites de los recursos jur&#237;dicos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Para ellas, la construcci&#243;n de lazos de solidaridad con la planta de Tarbes, y mayormente con los trabajadores franceses, es algo fundamental ante la necesidad de poner en jaque las maniobras de esta multinacional francesa. &#8220;No podemos permitir que esto siga, porque si dejamos que esto contin&#250;e, los patrones van a usar de ejemplo a LATelec para amenazar a los trabajadores en otras f&#225;bricas y disuadirlos para que no luchen&#8221;, exclam&#243; Monia. Esto es, en concreto, el internacionalismo que intentan construir hoy con su visita a Francia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tirar abajo al imperialismo franc&#233;s y sus apoyos pol&#237;ticos en T&#250;nez, aqu&#237; y en otros lugares!&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lucha de LATelec en Fouchana no es un caso aislado. Es un ejemplo que muestra que los trabajadores y los sectores populares en T&#250;nez han dado y, hoy tambi&#233;n, dan combate contra un Estado policial que cuenta con el apoyo de los capitalistas, que se mantiene a pesar de la ca&#237;da de Ben Al&#237;. Lejos de ser cuestionada, la explotaci&#243;n de la mano de obra tunecina por capitales extranjeros y sobre todo franceses &#8211; principal socio comercial de T&#250;nez- es encubierta por quienes dirigen hoy el pa&#237;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ejemplo de esta pol&#237;tica es que la ley que data del a&#241;o 1972 bajo Bourguiba, completada con el c&#243;digo de inversiones de Ben Al&#237;, contin&#250;a siendo la regla hoy en beneficio de las patronales francesas: dejar libre de exenciones a las tierras fiscales, libre circulaci&#243;n de las ganancias, a lo que se agrega un aparato estatal al servicio del imperialismo que, con Ben Al&#237; no dudaba en encarcelar a los sindicalistas muy revoltosos. Las coordenadas de la situaci&#243;n nacional en el a&#241;o 2011 abrieron un campo de posibilidades para los obreros de LATelec en su lucha por su dignidad y contra la incre&#237;ble explotaci&#243;n por parte de la patronal francesa. Hoy en T&#250;nez, mientras que el clima pol&#237;tico se tensa bajo los golpes del gobierno contrarrevolucionario de Ennahda, los trabajadores de LATelec se encuentran aislados y son sometidos a una fuerte represi&#243;n de la direcci&#243;n que toma sus marcas, a semejanza de la patronal francesa en todo el pa&#237;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lucha de Sonia y Monia, obreras v&#237;ctimas de la represi&#243;n sindical, en la construcci&#243;n de la solidaridad internacional es un ejemplo a seguir. Es la prueba concreta de que un movimiento social en Francia, contra la aplicaci&#243;n de los acuerdos de competitividad, contra la reforma de las jubilaciones, contra el aumento de la explotaci&#243;n de los trabajadores franceses, ser&#237;a un gran apoyo a la lucha de los trabajadores tunecinos en su combate contra el principal explotador de su pa&#237;s, que es la patronal francesa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4/10/2013&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tunisie : Femmes en r&#233;volution&#8230; contre le patronat fran&#231;ais</title>
		<link>https://ft-ci.org/Tunisie-Femmes-en-revolution-contre-le-patronat-francais</link>
		<guid isPermaLink="true">https://ft-ci.org/Tunisie-Femmes-en-revolution-contre-le-patronat-francais</guid>
		<dc:date>2013-10-02T16:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Flora Carpentier, Nina Kirmizi</dc:creator>


		<dc:subject>Movimiento Obrero</dc:subject>
		<dc:subject>Mujer</dc:subject>
		<dc:subject>Actualidad</dc:subject>
		<dc:subject>&#193;frica</dc:subject>
		<dc:subject>An&#225;lisis</dc:subject>
		<dc:subject>La Primavera &#193;rabe</dc:subject>
		<dc:subject> CCR-4 Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA </dc:subject>
		<dc:subject>Magreb</dc:subject>
		<dc:subject>Mundo &#193;rabe</dc:subject>
		<dc:subject>T&#250;nez</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A l'occasion de la venue en France le mois dernier de Sonia Jebali et Monia Dridi, d&#233;l&#233;gu&#233;es syndicales UGTT licenci&#233;es du site LATelec de Fouchana (Tunisie), une s&#233;rie de rencontres a eu lieu &#227; Paris et Toulouse (o&#249; se trouve le si&#232;ge de Lat&#233;co&#232;re), pour populariser leur lutte et d&#233;battre, notamment sur le th&#232;me &#171; Travailleuses et droit syndical.&lt;/p&gt;

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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A l'occasion de la venue en France le mois dernier de Sonia Jebali et Monia Dridi, d&#233;l&#233;gu&#233;es syndicales UGTT licenci&#233;es du site LATelec de Fouchana (Tunisie), une s&#233;rie de rencontres a eu lieu &#227; Paris et Toulouse (o&#249; se trouve le si&#232;ge de Lat&#233;co&#232;re), pour populariser leur lutte et d&#233;battre, notamment sur le th&#232;me &#171; Travailleuses et droit syndical. Quels enjeux pour les femmes en Tunisie ? &#187;. Apr&#232;s les avoir rencontr&#233;es, nous consacrons &#224; leur combat cet article, qui se veut t&#233;moignage et piste de r&#233;flexion pour organiser la riposte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cembre 2010, &#227; Fouchana, l'usine LATelec, du groupe fran&#231;ais Lat&#233;co&#232;re, sous-traitant de l'a&#233;ronautique, entre en gr&#232;ve. Les 400 ouvrier-e-s &#8211; &#227; 90% des femmes &#8211; ont d&#233;cid&#233; d'en finir avec les abus qu'elles subissent : salaires indignes, heures suppl&#233;mentaires obligatoires non pay&#233;es, humiliations et harc&#232;lement sexuel. A quelques semaines de la chute de Ben Ali, au c&#339;ur du processus r&#233;volutionnaire, ces ouvri&#232;res entament alors un combat contre une des figures de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais en Tunisie. Elles en appellent aujourd'hui &#224; la solidarit&#233;, y compris des travailleurs que LATelec continue &#227; exploiter en France, pour combattre ensemble le chantage auquel les soumet la direction. Contestation de la dictature patronale dans l'usine, cette lutte est aussi le miroir d'une contestation du r&#233;gime qui, sous Ben Ali comme aujourd'hui, continue de servir les int&#233;r&#234;ts du patronat &#233;tranger, et notamment fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, LATelec, filiale du groupe Lat&#233;co&#232;re, entreprise fran&#231;aise de production des meubles avioniques et des c&#226;blages a&#233;ronautiques, a d&#233;localis&#233; une partie de sa production en Tunisie, et &#227; Fouchana en particulier o&#249; sont produits les c&#226;blages. L'entreprise, n&#176;1 mondial dans ces domaines, est le principal fournisseur des grandes entreprises fran&#231;aises et europ&#233;ennes d'a&#233;ronautique et d'armement, comme Dassault, Eurocopt&#232;re, ou Airbus notamment, dont le capital est majoritairement d&#233;tenu par l'Etat fran&#231;ais. B&#233;n&#233;ficiant des commandes d'Airbus, cette entreprise g&#233;n&#232;re des profits &#233;normes qu'elle tire de l'exploitation d'une main d'&#339;uvre &#171; bon march&#233; &#187;, sous-pay&#233;e et d'un droit du travail tr&#232;s souple pour le patronat et facilement contourn&#233;. En engageant une majorit&#233; de femmes, l'objectif de LATelec &#233;tait clairement de baisser au maximum les co&#251;ts de production par l'imposition de salaires drastiquement bas, tout en b&#233;n&#233;ficiant d'une main d'&#339;uvre &#171; docile &#187; et &#171; disciplin&#233;e &#187;. C'&#233;tait sans compter la combattivit&#233; des ouvrier-e-s de l'usine, leur ras-le-bol des abus et de l'exploitation, et leurs aspirations &#224; la dignit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;volution &#224; l'usine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il leur aura fallu patienter quatre ans pour pouvoir manifester leur col&#232;re. Ces quatre ans pendant lesquels le droit du travail tunisien permet &#224; l'employeur de renouveler des contrats &#227; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e, sans aucune garantie pour le salari&#233; de pouvoir garder son emploi, avant une embauche en CDI. Quatre ann&#233;es d'incertitudes et de pr&#233;carit&#233;, quatre ann&#233;es &#227; rester &#171; b&#234;te et disciplin&#233; &#187;. Et pourtant, les ouvri&#232;res de LATelec Fouchana avaient de quoi &#234;tre en col&#232;re : semaines travaill&#233;es 40 heures et pay&#233;es 20, harc&#232;lement permanent &#8211; moral et sexuel &#8211; de la part des cadres de l'usine (majoritairement des hommes), salaires de mis&#232;re (230 dinars, soit 103 euros) qui n'offrent aucune autonomie de vie, insultes, menaces et humiliations au quotidien&#8230; Cela ne pouvait plus durer ! En mars 2011, les ouvri&#232;res d&#233;cident de passer &#224; l'offensive et ouvrent une section syndicale de l'UGTT (Union G&#233;n&#233;rale Tunisienne du Travail), &#224; laquelle adh&#232;rent 420 des 450 travailleurs du site. Comme beaucoup d'autres travailleur-se-s tunisien-ne-s au m&#234;me moment, elles se saisissent du climat r&#233;volutionnaire ambiant pour d&#233;noncer l'exploitation qu'elles subissent. Elles &#233;tablissent ainsi une liste de revendications, qu'elles soumettent &#224; la direction de LATelec. Mais comme c'&#233;tait &#227; craindre, celle-ci s'oppose fermement &#227; toute am&#233;lioration de leurs conditions de travail. Afin d'&#233;touffer au plus vite cette affaire, elle tente m&#234;me de corrompre les d&#233;l&#233;gu&#233;es syndicales, sans succ&#232;s. Comme c'est coutume pour le patronat, une fois &#233;cart&#233;e la possibilit&#233; de se trouver des alli&#233;s au sein du mouvement contestataire, la direction de LATelec change de strat&#233;gie et opte pour la r&#233;pression : les syndicalistes subissent tout types de menaces, mais ne fl&#233;chissent pas. Apr&#232;s 8 mois de n&#233;gociations, la col&#232;re montante des ouvri&#232;res fini par faire reculer la direction : en mai 2012, un accord est sign&#233;. Celui-ci prend en compte l'ensemble des revendications &#233;mises par les salari&#233;-e-s : r&#233;gularisation des heures suppl&#233;mentaires, quinze jours de cong&#233;s pay&#233;s, reconnaissance de la qualification, doublement du salaire. Trop beau pour &#234;tre vrai ? La suite de l'histoire montrera qu'il ne s'agissait de la part de la direction que d'un recul tactique, afin de mieux pr&#233;parer son ultime attaque&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Relocaliser pour mieux r&#233;gner : le jeu de la direction de LATelec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s septembre 2012, la direction met en place un plan pour mater d&#233;finitivement tout &#233;l&#233;ment de contestation dans la bo&#238;te, et dissuader les travailleur-se-s qui, dans les entreprises voisines, pourraient &#234;tre tent&#233;s de prendre pour exemple le combat des ouvri&#232;res de LATelec. Le patronat va alors cr&#233;er un syndicat maison, qui aura pour vocation de remplacer la dissidente UGTT. Mais malgr&#233; les intimidations et les menaces r&#233;p&#233;t&#233;es envers les syndicalistes de l'UGTT, ce syndicat d'une trentaine de cadres ne parvient pas &#227; s'imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de LATelec va alors enclencher la vitesse sup&#233;rieure en organisant un lock-out patronal. Lorsque les ouvrier-e-s arrivent &#224; l'usine le 20 septembre au matin, elles trouvent celle-ci sous verrou, avec une affichette sur laquelle on peut lire : &#171; Suite &#227; de graves incidents, des insultes et des s&#233;questrations, l'usine est ferm&#233;e jusqu'&#224; nouvel ordre &#187;. Il ne s'agit bien &#233;videmment que de mensonges patronaux, bien trop gros pour diviser les salari&#233;es. Six jours plus tard, la direction propose une r&#233;ouverture de l'usine, mais sous condition : les d&#233;l&#233;gu&#233;es syndicales de l'UGTT devront rester dehors. Cette nouvelle attaque se heurtera une fois de plus &#224; l'ind&#233;fectible solidarit&#233; entre les travailleuses qui refusent de reprendre le travail sans leurs d&#233;l&#233;gu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction du groupe Lat&#233;co&#232;re va alors se d&#233;placer depuis la France, pour tenter de trouver sur place une issue &#227; cette affaire qui commence &#227; faire du bruit dans la r&#233;gion, chose qu'il faut &#227; tout prix &#233;viter. Au m&#234;me moment, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'UGTT re&#231;oit des menaces de mort et se rend &#227; Fouchana. Mais la direction de LATelec refuse toujours d'ouvrir les portes de l'usine. Les ouvri&#232;res d&#233;cident alors d'entamer une gr&#232;ve illimit&#233;e, qui durera 4 semaines. Quand &#224; l'issue de celle-ci on leur donne enfin acc&#232;s &#224; l'usine, elles trouvent les lieux vides. Les stocks et les machines ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;s, laissant les salari&#233;es sans moyens de pression sur leur employeur. La direction a une fois de plus interpr&#233;t&#233; &#227; son avantage le code du travail tunisien, en imputant aux salari&#233;es la &#171; r&#233;duction du volume de production &#187;, consid&#233;r&#233;e comme une faute grave et motif valable de licenciement. De cette mani&#232;re, face &#224; l'&#233;chec de sa m&#233;thode de division de la main-d'&#339;uvre au sein de l'usine, la direction a d&#233;cid&#233; de placer le chantage au niveau international en transf&#233;rant une partie de la production&#8230; &#227; Tarbes, en France. Ce transfert, que l'on sait d'ores-et-d&#233;j&#224; provisoire, a pour but de vider partiellement l'usine pour r&#233;duire la production tout en brisant les liens de solidarit&#233; qui s'y &#233;taient cr&#233;&#233;s, et de reconstituer une force de travail &#227; bas co&#251;t et disciplin&#233;e, sous contr&#244;le d'un syndicat-maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, &#227; Tarbes, les travailleur-se-s sont embauch&#233;-e-s en int&#233;rim, le contrat le plus pr&#233;caire qu'il soit, pour pallier &#227; cette situation temporaire et dissuader tout mouvement de contestation. Le &#171; produire fran&#231;ais &#187; que certains revendiquent comme une garantie de maintien des avanc&#233;es sociales, est ici un outil &#224; la division de la classe ouvri&#232;re : ce chantage permet d'utiliser les travailleur-se-s fran&#231;ais-es de Tarbes pour casser la contestation sociale en cours &#227; Fouchana et les acquis des travailleur-se-s tunisien-ne-s. En r&#233;alit&#233;, les travailleur-se-s int&#233;rimaires du site fran&#231;ais constituent une arm&#233;e de r&#233;serve provisoire, destin&#233;e &#227; &#234;tre mise &#224; la porte une fois que le site de Fouchana sera &#227; nouveau &#171; op&#233;rationnel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la Tunisie &#224; la France, le combat de Sonia et Monia contre les man&#339;uvres de LATelec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Licenci&#233;es, les &#233;lues syndicales de la boite, et notamment Sonia et Monia, qui travaillent &#227; LATelec depuis 2006, n'ont pas l&#224;&#162;ch&#233; le combat. Pass&#233;es par le Forum Social Mondial &#227; Tunis, elles se sont entour&#233;es d'un comit&#233; de soutien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir leur page Facebook : Comit&#233; de soutien aux syndicalistes de LATelec de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui leur a permis de venir en France pour raconter leur lutte. Fi&#232;res de leur combat, elles racontent les intimidations, les violences physiques dont elles ont fait l'objet &#224; la porte de l'usine, les menaces de mort de la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles mettent &#233;galement en avant la double, voire triple oppression dont elles sont victimes en tant que travailleuses, femmes et m&#232;res. &#171; R&#233;clamer une repr&#233;sentation syndicale dans une entreprise priv&#233;e, en Tunisie, ce n'est pas commun. Mais en tant que femme, c'est encore plus rare &#187;. En effet, les femmes sont largement sous-repr&#233;sent&#233;es dans les syndicats, avec seulement 9% de d&#233;l&#233;gu&#233;es syndicales, tandis que leurs salaires sont bien plus bas que ceux des hommes, et que le taux de ch&#244;mage de la population f&#233;minine est estim&#233; &#227; 27% en Tunisie (contre 18% chez les hommes). Les femmes sont &#233;galement plus en proie aux contrats pr&#233;caires et surexploit&#233;s, comme c'est le cas des ouvri&#232;res de LATelec Fouchana, sans parler de toutes les travailleuses du secteur informel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont aussi ces conditions particuli&#232;res d'exploitation qui ont conduit les femmes &#227; jouer un r&#244;le moteur dans le processus r&#233;volutionnaire tunisien. &#171; Nous voulons garder notre travail sans perdre notre dignit&#233; &#187;, a d&#233;clar&#233; Sonia. Elles se battent aujourd'hui pour leur r&#233;int&#233;gration au sein de l'usine, et mesurent les limites du recours juridique. Pour elles, la construction d'une solidarit&#233; avec les travailleur-se-s fran&#231;ais, apparait comme une n&#233;cessit&#233; afin de mettre en p&#233;ril les man&#339;uvres de cette multinationale fran&#231;aise. &#171; On ne peut pas laisser passer &#231;a, s'est exclam&#233;e Monia, parce que si on se laisse faire, les patrons vont se servir de l'exemple de LATelec pour menacer les travailleurs dans d'autres usines et les dissuader de se battre &#187;. C'est cet internationalisme concret qu'elles tentent de construire aujourd'hui par leur venue en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mettre &#227; bas l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais en Tunisie et ses soutiens politiques, ici et l&#224; bas !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte de LATelec &#227; Fouchana n'est pas un cas isol&#233;. C'est un exemple parmi d'autres du contenu social que les travailleur-se-s et les classes populaires en Tunisie ont pu donner et donnent encore aujourd'hui &#224; leur combat contre un Etat policier et de soutien au capital, qui s'est maintenu malgr&#233; la chute de Ben Ali. Loin d'&#234;tre remise en question, l'exploitation de la main-d'&#339;uvre tunisienne par le capital &#233;tranger et notamment fran&#231;ais &#8211; premier partenaire commercial de la Tunisie &#8211; est encourag&#233;e par ceux qui dirigent aujourd'hui le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple de cette politique : la loi datant de 1972 sous Bourguiba, compl&#233;t&#233;e par le Code des investissements sous Ben Ali continue &#227; &#234;tre la r&#232;gle aujourd'huiet fait la part belle au patronat fran&#231;ais : cessation gratuite de terrain, exon&#233;rations fiscales, libre circulation des b&#233;n&#233;fices, auxquels s'ajoute un appareil d'Etat au service de l'imp&#233;rialisme qui, sous Ben Ali, n'h&#233;sitait pas &#227; enfermer les syndicalistes un peu trop remuants. Les coordonn&#233;es de la situation nationale en 2011 ont ouvert un champ des possibles aux ouvri&#232;res de LATelec dans leur lutte pour leur dignit&#233; et contre leur incroyable exploitation par le patronat fran&#231;ais. Aujourd'hui en Tunisie, alors que le climat politique se resserre sous les coups contre-r&#233;volutionnaires du gouvernement d'Ennahda, les ouvri&#232;res de LATelec se retrouvent isol&#233;es et subissent la vive r&#233;pression de la direction qui reprend ses marques, &#224; l'image du patronat fran&#231;ais &#224; l'&#233;chelle du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte de Sonia et Monia, ouvri&#232;res victimes de la r&#233;pression syndicale, dans la construction d'une solidarit&#233; transnationale est un exemple &#227; suivre. Elle est la preuve concr&#232;te qu'un mouvement social ici en France, contre les applications des accords de comp&#233;titivit&#233;, contre la r&#233;forme des retraites, contre l'augmentation de l'exploitation des travailleur-se-s fran&#231;ais-es, est un soutien &#224; la lutte des travailleur-se-s tunisien-ne-s dans leur combat contre le principal exploiteur du pays qui est le patronat fran&#231;ais. La solidarit&#233; de la classe ouvri&#232;re seule peut mettre fin &#227; ce chantage patronal qui conduit &#227; opposer travailleurs du nord et du sud, ch&#244;meurs et salari&#233;s, CDI et int&#233;rimaires, pour briser toute vell&#233;it&#233; de contestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;02/10/13&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir leur page Facebook : Comit&#233; de soutien aux syndicalistes de LATelec de Fouchana&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A un an du massacre de Marikana, la classe ouvri&#232;re sud-africaine n'a rien oubli&#233; et s'organise !</title>
		<link>https://ft-ci.org/A-un-an-du-massacre-de-Marikana-la-classe-ouvriere-sud-africaine-n-a-rien</link>
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		<dc:date>2013-08-31T10:38:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nina Kirmizi</dc:creator>


		<dc:subject>Movimiento Obrero</dc:subject>
		<dc:subject>Actualidad</dc:subject>
		<dc:subject>&#193;frica</dc:subject>
		<dc:subject>An&#225;lisis</dc:subject>
		<dc:subject> CCR-4 Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA </dc:subject>
		<dc:subject>Sud&#225;frica</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Depuis le 19 aout dernier, une vague de gr&#232;ves, partie de l'industrie automobile, s'empare de l'Afrique du sud et menace de paralyser l'&#233;conomie du pays. A un an tout juste du massacre des 34 mineurs de Marikana, o&#249; les autorit&#233;s de l'African National Congress (ANC) avaient envoy&#233; les forces de l'ordre pour r&#233;primer dans le sang la gr&#232;ve qui touchait la mine de la multinationale britannique de Lonmin, la classe ouvri&#232;re sud-africaine n'a pas oubli&#233; et sa col&#232;re ne d&#233;semplit pas.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://ft-ci.org/Articulos-en-frances" rel="directory"&gt;Articulos en franc&#233;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://ft-ci.org/Tapa-Central" rel="tag"&gt;Actualidad&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://ft-ci.org/Africa" rel="tag"&gt;&#193;frica&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://ft-ci.org/Analisis" rel="tag"&gt;An&#225;lisis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://ft-ci.org/Corriente-Comunista-Revolucionaria-Plataforma-Z-del-NPA-136" rel="tag"&gt; CCR-4 Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://ft-ci.org/Sudafrica" rel="tag"&gt;Sud&#225;frica&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Nina Kirmizi&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 19 aout dernier, une vague de gr&#232;ves, partie de l'industrie automobile, s'empare de l'Afrique du sud et menace de paralyser l'&#233;conomie du pays. A un an tout juste du massacre des 34 mineurs de Marikana [1], o&#249; les autorit&#233;s de l'African National Congress (ANC) avaient envoy&#233; les forces de l'ordre pour r&#233;primer dans le sang la gr&#232;ve qui touchait la mine de la multinationale britannique de Lonmin, la classe ouvri&#232;re sud-africaine n'a pas oubli&#233; et sa col&#232;re ne d&#233;semplit pas. Elle fait aujourd'hui craindre au capital imp&#233;rialiste et &#224; la bourgeoisie locale, sur laquelle il s'appuie, une extension du mouvement &#224; l'heure d'un profond discr&#233;dit du r&#233;gime de l'ANC, de la bureaucratie syndicale, et de l'effritement du &#171; consensus post-apartheid &#187; qu'il a promu jusque l&#224; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette p&#233;riode de ren&#233;gociations salariales sectorielles, ce sont d'abord 30000 ouvri&#232;res et ouvriers du secteur automobile qui se sont mis en gr&#232;ve, apr&#232;s trois semaines de n&#233;gociations infructueuses. Avec leur syndicat, le NUMSA (National Union of Metalworkers of South Africa), ils exigent une augmentation salariale de 14%, ce &#227; quoi se refusent jusqu'alors les constructeurs automobiles implant&#233;s dans le pays, repr&#233;sent&#233;s par les multinationales comme BMW, Volkwasgen, Toyota, Mercedes, Ford et General Motors. Face &#227; ce refus, la gr&#232;ve se durcit : &#227; Port-Elizabeth, aussi appel&#233; le &#171; Detroit africain &#187; o&#249; sont implant&#233;es GM, Ford et Volkwasgen, des milliers d'ouvriers ont d&#233;fil&#233; dans les rues au son de chants r&#233;volutionnaires le 20 ao&#251;t dernier. La production automobile est paralys&#233;e dans cinq des sept entreprises implant&#233;es en Afrique du Sud, et notamment &#227; GM o&#249; 80% des ouvriers sont en gr&#232;ve. Les entreprises enregistrent des pertes de pr&#232;s de 600 millions de rand (45 millions d'euros) par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gr&#232;ve, dans un des secteurs les plus strat&#233;giques de l'&#233;conomie sud-africaine (6% du PIB et 12% des exportations), a entrain&#233; derri&#232;re elle d'autres secteurs qui profitent &#233;galement du rapport de force en cours de construction. D&#232;s le 26, 90.000 travailleurs de la construction, li&#233;s au National Union Metalworkers (NUM) et 600 techniciens de la compagnie a&#233;rienne South Africa Airlines (SAA) ont rejoint le mouvement de gr&#232;ve. Ces derniers, men&#233;s par le South African Transport and Allied Workers (SATAWU) ont d&#233;fil&#233;, ce m&#234;me jour, devant les bureaux de la compagnie a&#233;rienne, sur les pistes du OR Tambo International Airport, bravant l'interdiction de manifester dans l'a&#233;roport qu'avait pos&#233; la compagnie. Ceux-ci exigent une revalorisation salariale &#227; hauteur de 12%, contre les 6% que propose l'entreprise. La compagnie tente de contenir la propagation de la gr&#232;ve au personnel de bord et au reste des &#233;quipes de maintenance en minimisant la port&#233;e du mouvement, ainsi qu'en insistant sur son refus d'accepter son offre, allant jusqu'&#224; employer un personnel de remplacement non qualifi&#233; pour casser la gr&#232;ve [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres secteurs menacent &#233;galement d'entrer en gr&#232;ve, comme le SACTWU, syndicat des travailleurs du textile, mais surtout le secteur des mines d'or, men&#233; majoritairement par le NUM, National Union of Metalworkers. Profitant de ce contexte, les syndicats des mineurs mettent en avant une revalorisation de 60 &#227; 150% de leurs salaires, un des plus bas du pays [3], l&#224; o&#249; la direction propose juste une indexation sur l'inflation. La combativit&#233; des ouvriers des mines, entra&#238;n&#233;e par plusieurs ann&#233;es de lutte, peine aujourd'hui &#227; &#234;tre contenue par la bureaucratie syndicale du NUM, dont les liens avec le r&#233;gime en place de l'ANC sont plus qu'av&#233;r&#233;s, et qui, surtout, a &#233;t&#233; totalement discr&#233;dit&#233; aux yeux des travailleurs par son soutien au massacre de Marikana - elle avait notamment d&#233;clar&#233; ill&#233;gale la gr&#232;ve pour couvrir la r&#233;pression polici&#232;re. De ce fait, le NUM adopte aujourd'hui une politique plus radicale, de crainte d'&#234;tre d&#233;pass&#233; par sa base, fortement radicalis&#233;e par le souvenir sanglant de Marikana : il avait notamment pr&#233;venu les autorit&#233;s et le patronat d'un risque de gr&#232;ve dans le secteur, avant m&#234;me la gr&#232;ve du secteur automobile [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'engage aujourd'hui un bras de fer entre le NUM, qui souhaite reprendre sa place face &#224; la concurrence de nouveaux syndicats n&#233;s au lendemain de Marikana, et le patronat, dont les marges de man&#339;uvre, du fait de la crise et de la chute du cours des mati&#232;res premi&#232;res, sont limit&#233;es. Avec en sus le risque pour le gouvernement de Jacob Zuma et le patronat que la gr&#232;ve des mineurs d'or entra&#238;ne derri&#232;re elle, celle de tout le secteur, et notamment des travailleurs de Lonmin &#227; Marikana qui se pr&#233;parent &#227; entrer dans la danse en septembre [5], date &#224; laquelle une marche regroupant les diff&#233;rents secteurs en gr&#232;ve a &#233;t&#233; appel&#233;e. D'ailleurs, le NUMSA, syndicat des travailleurs de l'automobile, a annonc&#233; qu'&#224; cette occasion 72.000 nouveaux travailleurs de l'industrie automobile &#8211; garagistes, sous-traitants,&#8230; - allaient &#233;galement entrer en gr&#232;ve [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La radicalit&#233; du mouvement, et son emballement, a oblig&#233; le patronat du secteur automobile &#227; faire des concessions au niveau salarial en proposant 8% d'augmentation, sans que cela n'enraye la gr&#232;ve, ni ne d&#233;vie les salari&#233;s de leur objectif de 14% d'augmentation. Au contraire, fort de ce premier recul du patronat, le mouvement se durcit, entra&#238;nant derri&#232;re lui davantage de travailleurs, pr&#234;ts &#227; se mobiliser pour le 2 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications salariales, que la bureaucratie syndicale est oblig&#233;e de soutenir et parfois m&#234;me de porter elle m&#234;me, bien que fondamentales dans un pays o&#249; l'inflation est estim&#233;e &#227; 5,9%, ne sont donc pas la seule clef de compr&#233;hension de la radicalit&#233; et de la rapidit&#233; d'extension du mouvement. Certes, la p&#233;riode des ren&#233;gociations a ouvert une br&#232;che pour la construction d'un rapport de force favorable aux travailleurs pour coordonner dans le temps leurs actions vers la possibilit&#233; d'une paralysie &#233;conomique du pays. Mais ce qui s'exprime ici c'est davantage une contestation plus large du mode de partage des richesses, une aspiration &#227; plus d'&#233;galit&#233; sociale, et une col&#232;re qui s'alimente des exp&#233;riences de luttes des derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le souvenir de Marikana&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le massacre du 16 ao&#251;t 2012 a profond&#233;ment marqu&#233; la conscience des travailleurs sud-africains, et particuli&#232;rement des mineurs, remettant en cause le r&#244;le de la bureaucratie syndicale et de l'ANC &#224; laquelle elle est li&#233;e. Non pas que cette r&#233;pression ait &#233;t&#233; la premi&#232;re de l'histoire des mineurs, mais elle a montr&#233; pour la premi&#232;re fois une op&#233;ration d'assassinat, orchestr&#233;e conjointement par les autorit&#233;s de l'ANC et la bureaucratie, leurs liens intrins&#232;ques avec le capital imp&#233;rialiste, ici en l'occurrence de la multinationale britannique de Lonmin. Marikana a aussi r&#233;v&#233;l&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re sud-africaine, et en particulier aux mineurs, le r&#244;le de la bureaucratie syndicale et du r&#233;gime de l'ANC comme organe de contr&#244;le de la classe ouvri&#232;re noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la suite du massacre, les mouvements de gr&#232;ve se sont poursuivis, notamment dans la r&#233;gion de Rustenburg, r&#233;gion d'extraction de platine, dans laquelle se trouve Marikana, o&#249; se sont mis en place des comit&#233;s de gr&#232;ve ind&#233;pendants de la bureaucratie syndicale. De fait celle-ci est entr&#233;e en crise au vu de sa perte rapide d'influence aupr&#232;s des travailleurs [7]. Dans la r&#233;gion de Rustenburg, et &#227; Marikana en particulier, chassant les bureaucrates syndicaux des locaux, les mineurs se sont affili&#233;s en masse &#224; l'AMCU, syndicat n&#233; en 2012, pour son soutien aux gr&#233;vistes. Dans un contexte de m&#233;fiance vis-&#224;-vis des organes syndicaux, ce transfert d'adh&#233;rents s'explique surtout par l'obligation d'une affiliation pour pouvoir mener les n&#233;gociations salariales. Mais cette situation risque de mettre de c&#244;t&#233; les organisations de base qui s'&#233;taient mises en place durant les gr&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conflictualit&#233; reste extr&#234;mement vive dans la r&#233;gion des mines de Platine, &#227; Rustenburg notamment : les mineurs d'Amplats (Anglo American Platinum) ont men&#233; deux mois de gr&#232;ve dure &#224; l'automne 2012, subissant une r&#233;pression qui a co&#251;t&#233; la vie &#227; un de leurs camarades. A la fin de l'ann&#233;e 2012, avec l'&#233;puisement des vagues de gr&#232;ves de l'automne, les multinationales d'extraction implant&#233;es dans la r&#233;gion ont annonc&#233; des plans massifs de licenciements dans le secteur de l'or notamment. Amplats a par exemple annonc&#233; en janvier 2013 pr&#233;voir 14.000 licenciements [8]. Cette d&#233;cision s'appuie sur l'argument d'une chute du cours de l'or et du platine, les fili&#232;res aujourd'hui les moins rentables du secteur minier. Mais elle est clairement une fa&#231;on pour le patronat de riposter aux luttes des travailleurs, vengeance si explicite qu'elle a cr&#233;&#233; de vives tensions avec le gouvernement de Zuma. Ce dernier, qui craint une reprise du conflit des mineurs, est all&#233; jusqu'&#224; qualifier &#171; d'enfantin et d'irresponsable &#187; le comportement de l'entreprise, faisant reculer le chiffre des licenciements annonc&#233; par la compagnie mini&#232;re [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, depuis mai 2013, les quelques gr&#232;ves &#171; sauvages &#187; et mouvements sporadiques qui se sont mis en place chez les mineurs d'Amplats t&#233;moignent du climat d'extr&#234;me tension [10]. A Lonmin, tout porte &#227; croire &#227; une reprise du mouvement [11], qui pourrait en r&#233;alit&#233; s'&#233;tendre &#224; l'ensemble du secteur minier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; de ce seul secteur, c'est &#224; l'&#233;l&#233;vation du niveau de conscience de l'ensemble des travailleurs et travailleuses du pays qu'a contribu&#233; l'exp&#233;rience de Marikana. Cela joue son r&#244;le &#224; l'heure actuelle dans la mobilisation intersectorielle qui se met en place : c'est la preuve que pour faire aboutir ses revendications &#8211; y compris salariales &#8211; les travailleurs ne peuvent compter que sur leurs propres forces. La gr&#232;ve est d&#233;sormais comprise comme la m&#233;thode n&#233;cessaire aux travailleurs sud-africains, qui n'h&#233;sitent plus &#227; pousser les appareils syndicaux dans leurs retranchements, et &#227; d&#233;noncer le r&#244;le qu'ils jouent dans le r&#233;gime post-apartheid mis en place par l'ANC (o&#249; le Parti communiste sud-africain &#8211; PCSA &#8211; joue un r&#244;le cl&#233; de m&#233;diation vis &#227; vis du mouvement ouvrier).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;rosion du r&#233;gime de l'African National Congress : vers la fin d'un cycle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un an d&#233;j&#224; , nous parlions des fissures dans le r&#233;gime post-apartheid de l'ANC qui gouverne sans interruption depuis 1994. Dans les ann&#233;es 1980, une v&#233;ritable pouss&#233;e de la classe ouvri&#232;re noire a contraint l'imp&#233;rialisme et la minorit&#233; blanche au pouvoir &#227; conc&#233;der une &#233;galit&#233; civile pour la population noire, cooptant quelques figures de la contestation organis&#233;es dans un parti en voie de constitution, l'ANC. Tout en d&#233;viant la dynamique r&#233;volutionnaire qui &#233;tait alors en place, l'ANC s'est impos&#233; jusqu'aujourd'hui comme la principale force politique du pays. En v&#233;hiculant un discours de &#171; r&#233;conciliation nationale &#187;, l'ANC cherchait non seulement &#227; occulter la r&#233;alit&#233; des conditions d'existence de la majorit&#233; de la population noire qui continue &#227; &#234;tre entass&#233;e dans les townships, &#227; subir la mis&#232;re et la surexploitation, mais aussi &#227; pr&#233;server les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie locale blanche et ceux de l'imp&#233;rialisme, en m&#234;me temps que ses dirigeants devenaient la nouvelle bourgeoisie noire du pays. C'est ce r&#233;gime qui depuis plusieurs mois est entr&#233; en crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est aussi contre cela que les travailleurs et les couches populaires d'Afrique du Sud se mobilisent aujourd'hui. En effet, d'une gr&#232;ve massive des mineurs &#224; l'automne 2012, &#224; la construction d'une mobilisation de masse intersectorielle aujourd'hui, le m&#233;contentement se r&#233;pand parmi de larges couches de la population laborieuse, qui a amplement perdu ses illusions dans les possibilit&#233;s d'am&#233;liorations offertes par l'ANC. C'est ce qu'exprime l'&#233;cho rencontr&#233; par le projet populiste de Julius Malema, ancien leader de la jeunesse de l'ANC, et qui tente actuellement de lancer un nouveau parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#227; cela, la bourgeoisie cherche une porte de sortie pour pallier &#224; l'impopularit&#233; croissante du gouvernement de Jacob Zuma, secou&#233; en outre par des scandales de corruption. En vue des &#233;lections de 2014, de nouveaux partis voient le jour, alors m&#234;me que l'ANC redouterait de passer, pour la premi&#232;re fois, en dessous des 60% de suffrage [12]. En f&#233;vrier 2013, Mamphela Ramphele, ancienne activiste anti-apartheid lan&#231;ait par exemple Agan, une nouvelle organisation politique. Cette ancienne employ&#233;e de la Banque Mondiale, cultivant des liens avec l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, souhaite animer une campagne &#171; contre la corruption &#187;. Plus &#227; m&#234;me de disputer les voix de l'ANC que la Democratic Alliance, opposition lib&#233;rale repr&#233;sent&#233;e par la minorit&#233; blanche, elle reste l'option la plus probable de la bourgeoisie en cas d'approfondissement de la crise de l'ANC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'organiser ind&#233;pendamment de la bourgeoisie et de la bureaucratie pour gagner et aller au-del&#224; !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des mineurs de 2012 a &#233;t&#233; un exemple d'auto-organisation, par son ind&#233;pendance de la bureaucratie syndicale, par la formation de comit&#233;s de gr&#232;ve et leur coordination au niveau national. A ce jour, dans le mouvement qui se met en place, les travailleurs profitent de la temporalit&#233; offerte par les ren&#233;gociations salariales pour s'organiser. La bureaucratie syndicale, fortement remise en question, n'a pas d'autres choix que de coller au mouvement en mena&#231;ant d'appeler &#224; la gr&#232;ve afin de ne pas approfondir son discr&#233;dit aupr&#232;s des travailleurs radicalis&#233;s. Mais, pouss&#233;e par leur base, concurrenc&#233;e par de nouveaux syndicats, ces appareils sont divis&#233;s sur la marche &#227; suivre [13]. Ainsi le rappel &#224; l'ordre d'un d&#233;put&#233; du PCSA, alli&#233; historique de l'ANC, envers le NUMSA qui appelait &#224; la gr&#232;ve de l'automobile : &#171; l'unit&#233; du COSATU n'a pas de prix, et les partenaires affili&#233;s comme le NUMSA d&#233;rangent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, le discr&#233;dit profond qui touche le NUM a offert de nouveaux adh&#233;rents &#224; l'AMCU, qui est aujourd'hui majoritaire &#227; Lonmin, entreprise o&#249; a eu lieu la r&#233;pression de Marikana [14]. B&#233;n&#233;ficiant d'une image de radicalit&#233; aupr&#232;s des mineurs pour son soutien &#224; la gr&#232;ve, il est aujourd'hui en proie &#227; un risque de r&#233;cup&#233;ration par l'appareil politique et de bureaucratisation. &#171; Maintenant que l'AMCU assure la s&#233;curit&#233; de la zone d'extraction du platine, nous sommes entr&#233; dans une phase o&#249; il est devenu un vrai syndicat &#187;, commente Crispen Chinguno, expert des relations de travail dans le secteur de l'extraction du platine, suite &#224; la d&#233;cision du syndicat de mener les n&#233;gociations salariales, en &#233;vitant &#171; les violences de l'ann&#233;e derni&#232;re &#187;[[Amcu is &#034;evolving into a real trade union&#034;, &lt;a href=&#034;http://mg.co.za/article/2013-08-27-..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mg.co.za/article/2013-08-27-..&lt;/a&gt;.].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que pour que la lutte h&#233;ro&#239;que que la classe ouvri&#232;re d'Afrique du Sud est en train de mener aille jusqu'au bout, les travailleurs doivent maintenir une compl&#232;te ind&#233;pendance politique des variantes bourgeoises et de la bureaucratie syndicale. L'organisation des comit&#233;s de gr&#232;ve, qui semblent se d&#233;velopper un peu partout, est fondamentale en ce sens. Ces comit&#233;s, pour emp&#234;cher leur bureaucratisation doivent &#234;tre organis&#233;s sur la base de la d&#233;mocratie ouvri&#232;re avec des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus dans les lieux de travail et r&#233;vocables &#227; tout moment. La coordination de ceux-ci dans une Direction Nationale de Gr&#232;ve o&#249; participent les repr&#233;sentants &#233;lus des travailleurs et travailleuses, serait un moyen d'imposer une d&#233;faite &#224; l'ensemble du patronat et une victoire aussi pour l'ensemble de la classe ouvri&#232;re et des couches populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une telle organisation aurait une importance non seulement dans la perspective d'une victoire dans la lutte actuelle sur la question des salaires. Elle serait fondamentale pour commencer &#227; poser des jalons dans la conscience de milliers et millions de travailleurs &#227; travers tout le pays sur la n&#233;cessit&#233; de s'organiser contre les patrons et leurs serviteurs au sein du mouvement ouvrier. Une telle organisation ne pourrait pas se limiter au seul plan syndical. Les travailleurs peuvent et doivent faire de la politique aussi pour se pr&#233;senter comme une alternative face aux partis de la bourgeoisie et de l'imp&#233;rialisme. En ce sens, cette vague de gr&#232;ves que vit l'Afrique du Sud pourrait constituer une opportunit&#233; pour poser les premi&#232;res pierres d'un parti r&#233;volutionnaire des travailleur-se-s en lutte contre la bourgeoisie et son syst&#232;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;[1] Voir : Ph. Alcoy, &#171; Du sang, de la sueur&#8230; et des balles &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/Du-sang-de-la-s..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ccr4.org/Du-sang-de-la-s..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Everything's fine despite Stawu's strike, says SAA, &lt;a href=&#034;http://mg.co.za/article/2013-08-28-..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mg.co.za/article/2013-08-28-..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Les salaires actuels des travailleurs des mines d'or est de 5000 rands par mois (490 dollars).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Solidarity threatens strike at Lonmin mine, &lt;a href=&#034;http://mg.co.za/article/2013-08-19-..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mg.co.za/article/2013-08-19-..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] South Africa's mines prepare for mass strike, &lt;a href=&#034;http://socialistworker.co.uk/art/33..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://socialistworker.co.uk/art/33..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Petrol attendants set to strike, &lt;a href=&#034;http://mg.co.za/article/2013-08-27-..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mg.co.za/article/2013-08-27-..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Shadow of Marikana hangs over Cosatu congress, &lt;a href=&#034;http://mg.co.za/article/2012-09-13-..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mg.co.za/article/2012-09-13-..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Ango Platinum strike still looms, &lt;a href=&#034;http://www.dailymaverick.co.za/arti..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.dailymaverick.co.za/arti..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] SA bonds under pressure on back of mining strike fears, &lt;a href=&#034;http://mg.co.za/article/2013-05-13-..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mg.co.za/article/2013-05-13-..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Amplats management unsure of striking miner's demands, &lt;a href=&#034;http://mg.co.za/article/2013-05-16-..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mg.co.za/article/2013-05-16-..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Lonmin on the &#034;precipice&#034; of strike as union runling looms, &lt;a href=&#034;http://mg.co.za/article/2013-06-25-..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mg.co.za/article/2013-06-25-..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Elections sud-africaines en 2014 : les pr&#233;tendants de Jacob Zuma, &lt;a href=&#034;http://www.jeuneafrique.com/Article..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.jeuneafrique.com/Article..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Divided Cosatu spells danger for SA, says SACP, &lt;a href=&#034;http://mg.co.za/article/2013-08-25-..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mg.co.za/article/2013-08-25-..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Amcu declared official majority union at Lonmin, &lt;a href=&#034;http://mg.co.za/article/2013-08-14-..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mg.co.za/article/2013-08-14-..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Apr&#232;s le printemps arabe, voil&#224; arriv&#233; le printemps turc ?</title>
		<link>https://ft-ci.org/Her-yer-Taksim-her-yer-Direnis-la-jeunesse-de-Turquie-a-l-offensive</link>
		<guid isPermaLink="true">https://ft-ci.org/Her-yer-Taksim-her-yer-Direnis-la-jeunesse-de-Turquie-a-l-offensive</guid>
		<dc:date>2013-06-12T12:06:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nina Kirmizi</dc:creator>


		<dc:subject>Medio Oriente</dc:subject>
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		<dc:subject>Asia</dc:subject>
		<dc:subject>Actualidad</dc:subject>
		<dc:subject>Turqu&#237;a</dc:subject>
		<dc:subject>Juventud</dc:subject>
		<dc:subject> CCR-4 Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Entre le 1er et le 11 juin, face &#224; la farouche r&#233;sistance qui leur a &#233;t&#233; oppos&#233;e, la police et le gouvernement avaient c&#233;d&#233; la place Taksim aux manifestants.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://ft-ci.org/Articulos-en-frances" rel="directory"&gt;Articulos en franc&#233;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://ft-ci.org/Medio-Oriente" rel="tag"&gt;Medio Oriente&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://ft-ci.org/Europa" rel="tag"&gt;Europa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://ft-ci.org/Asia" rel="tag"&gt;Asia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://ft-ci.org/Tapa-Central" rel="tag"&gt;Actualidad&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://ft-ci.org/Turquia-119" rel="tag"&gt;Turqu&#237;a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://ft-ci.org/Juventud" rel="tag"&gt;Juventud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://ft-ci.org/Corriente-Comunista-Revolucionaria-Plataforma-Z-del-NPA-136" rel="tag"&gt; CCR-4 Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3906 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://ft-ci.org/local/cache-vignettes/L500xH295/arton474-4b66a.jpg?1701882116' width='500' height='295' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_3905 spip_documents'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/IMG/pdf/2013-06-12-MobilisationTurquie-Nina.pdf&#034; title='PDF - 459.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://ft-ci.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776695895' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Nina Kirmizi&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Entre le 1er et le 11 juin, face &#224; la farouche r&#233;sistance qui leur a &#233;t&#233; oppos&#233;e, la police et le gouvernement avaient c&#233;d&#233; la place Taksim aux manifestants. Sorte de revanche face &#224; l'interdiction qui leur avait &#233;t&#233; faite d'y d&#233;filer le 1er mai dernier, elle est devenue le symbole pour un pays qui s'embrase depuis plus d'une semaine au son de &#171; Her Yer Taksim, her Yer Direnis &#187; : Taksim est partout, partout est la r&#233;sistance ! A ce jour, ce sont pr&#232;s de 67 villes sur les 87 que comptent la Turquie qui r&#233;p&#232;tent ce slogan, et celui, tout aussi populaire &#171; Tayyip, d&#233;mission &#187; !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'extr&#234;me violence de la r&#233;pression polici&#232;re, les invectives de Recep Tayyip Erdogan (Premier ministre turque) contre les &#231;apulcu, les &#171; pilleurs &#187;, les &#171; voyous &#187;, le silence des m&#233;dias, les 3 morts officiels et plus de 1500 bless&#233;s d&#233;compt&#233;s &#227; Istanbul et 700 &#227; Ankara, la col&#232;re ne d&#233;semplit pas. Au contraire, d&#232;s le 5 juin, elle a gagn&#233; des dizaines de milliers de travailleurs, venus se joindre aux manifestants &#227; Istanbul et Ankara, notamment, &#224; l'appel du KESK, Conf&#233;d&#233;ration des travailleurs du secteur public et du DISK, la Conf&#233;d&#233;ration Syndicale des ouvriers r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gaz&#233;s pour Gezi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partie de la d&#233;fense du parc de Gezi contre le projet de construction d'un centre commercial et de r&#233;pliques des anciennes casernes ottomanes au centre ville, la contestation a vite pris la forme d'une d&#233;nonciation du parti islamo-conservateur de l'AKP, au pouvoir depuis 2002. C'est un refus d'abord d'une politique urbaine, qui multiplie les contrats pharaoniques offerts aux grands patrons du BTP proches du pouvoir &#8211; le patron de TOKI, principale entreprise de BTP n'est autre que le neveu d'Erdogan &#8211; qui exproprie les habitants des Gecekondus (bidonvilles) du fait de la pression fonci&#232;re, et qui chasse du centre ville les classes populaires pour les parquer dans des barres d'immeubles &#227; des kilom&#232;tres du centre et de tout r&#233;seau de transport. Mais c'est aussi la r&#233;sistance face &#224; la volont&#233; du gouvernement de limiter le &#171; style de vie &#187; du quartier de Beyoglu, quartier du centre-ville o&#249; se m&#233;lange une certaine avant-garde culturelle, minorit&#233;s sexuelles et ethniques, haut lieu de rencontre et de la vie nocturne stambouliote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces politiques urbaines, qui consistent &#227; forcer l'entr&#233;e du capital et du religieux dans l'espace urbain, sont &#224; l'image des politiques men&#233;es au niveau du gouvernement de l'AKP. En cela, la r&#233;volte, partie comme un feu de paille, exprime un ras-le-bol des m&#233;thodes autoritaires et r&#233;pressivesde l'AKP. A cela s'ajoute la r&#233;pression polici&#232;re qui vise les minorit&#233;s kurdes, les immigrants sans-papiers en transit vers l'Europe, les militants d'extr&#234;me gauche, les syndicalistes, toute forme d'opposition &#233;tudiante, et aujourd'hui les manifestants. Cette r&#233;pression exprime la continuit&#233; et la similarit&#233; entre les pratiques de pouvoir du parti islamo-conservateur de l'AKP et du parti bourgeois r&#233;publicain la&#239;c, CHP, aujourd'hui dans l'opposition. Durant le premier weekend de manifestations, le silence criminel des m&#233;dias sur les mobilisations a montr&#233; au grand jour les accointances du pouvoir avec les grands groupes m&#233;diatiques (Dogus, CNN turk), approfondissant le discr&#233;dit, d&#233;j&#224; fortement entam&#233;, du gouvernement et de sa d&#233;fense de la d&#233;mocratie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le premier soir des &#233;meutes, alors que la Turquie s'embrasait, CNN proposait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; de l'AKP de limiter la consommation d'alcool par un d&#233;cret interdisant sa vente de nuit, tout comme celle de restreindre le droit &#224; l'avortement obtenue depuis 1983, participe de cette exasp&#233;ration face &#227; une imposition progressive des valeurs religieuses sur la soci&#233;t&#233;. Mais, alors qu'une certaine presse imp&#233;rialiste comme le gouvernement turc veulent y trouver les seules causes de la contestation &#8211;il ne s'agirait finalement que de jeunes f&#234;tards mobilis&#233;s pour leur consommation d'alcool - il faut bien voir que ces derni&#232;res avanc&#233;es r&#233;pressives de l'AKP ne sont en r&#233;alit&#233; qu'une goutte de plus au cocktail qui a mis le feu aux poudres ces derniers jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;volte d'une jeunesse urbaine, sur fond de col&#232;re ouvri&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une jeunesse la&#239;que, des classes moyennes et sup&#233;rieures, qui ne supporte pas son d&#233;clin relatif &#187;, a d&#233;clar&#233; Erdogan lors d'un des meetings qu'il multiplie depuis son retour d'Afrique du Nord. Pas si s&#251;r. Il est vrai que les manifestations sont parties d'une jeunesse urbaine, plut&#244;t issue des classes moyennes, mais elle a vite &#233;t&#233; ralli&#233;e, y compris dans le centre d'Istanbul, o&#249; la place Taksim c&#244;toie le quartier kurde et tr&#232;s populaire de Tarlabasi, par la jeunesse laborieuse et opprim&#233;e. Quant au discours qui opposerait la r&#233;volte de la bourgeoisie contestant le r&#233;gime d'Erdogan &#224; la soumission du peuple, suppos&#233; acquis &#224; l'AKP, il a ses limites. L'AKP est fort du soutien &#8211; 50% des votes recueillis en 2011 &#8211; d'une grande partie de la bourgeoisie provinciale, plus conservatrice, depuis sa conversion &#227; un n&#233;olib&#233;ralisme &#227; outrance, ainsi que des couches d&#233;favoris&#233;es client&#233;lis&#233;es par ses politiques de charit&#233; et l'attachement aux valeurs religieuses que l'AKP exploite pleinement. Mais ses liens avec une bourgeoisie la&#239;que, qui a su profiter du &#171; miracle &#233;conomique &#187; turque avec une croissance de pr&#232;s de 8% de PIB jusqu'&#224; 2012, n'ont en rien disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; miracle &#187; s'est fait sur le dos des millions de travailleurs turcs, la&#239;cs ou croyants. Cette main-d'&#339;uvre, jeune et attractive pour les multinationales imp&#233;rialistes, voit ses conditions de vie se d&#233;t&#233;riorer en d&#233;pit d'un mod&#232;le de croissance pr&#233;sent&#233; comme exemplaire : salaire minimum fix&#233; autour de 400 euros, restrictions syndicales, nouvelles r&#233;formes de 2011 sur la comp&#233;titivit&#233; visant &#227; restreindre un droit du travail d&#233;j&#224; peu exigeant, combin&#233; avec une inflation galopante qui fait du th&#232;me de la vie ch&#232;re une pr&#233;occupation majeure des classes populaires. En mai 2013 &#227; Turkish Airlines, mais &#233;galement en novembre 2012, dans les usines Renault et Bosch de Bursa, o&#249; ils ont contest&#233; le syndicat jaune &#171; Turk Metal &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; R&#233;pression de Renault en Turquie : 25 travailleurs licenci&#233;s pour fait de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les travailleurs turcs ont montr&#233; leur combativit&#233; face &#224; l'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les informations restent faibles quant &#224; l'implication du mouvement ouvrier dans les manifestations, l'entr&#233;e en sc&#232;ne des travailleurs li&#233;s aux syndicats du KESK, pouss&#233; par sa base, et du DISK, avec l'appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale le 5 juin dernier, sont de bon augure. Certains signes vont en effet dans le sens d'un &#233;largissement de la contestation &#227; cette jeunesse des classes populaires : ne serait-ce que par la mort d'Abdallah C&#246;mert, jeune de 22 ans, ouvrier dans une usine d'emballage de la province de Hatay au Sud de la Turquie, ou celle de Ethem Sarisuluk, ouvrier de 26 ans, tu&#233; par la police &#227; Ankara, symbole de cette jeunesse ouvri&#232;re en col&#232;re, assez &#233;loign&#233;s du profil qu'Erdogan voudrait dresser du manifestant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Forces politiques en pr&#233;sence&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot d'ordre de &#171; Tayyip, d&#233;mission &#187; rallie largement, et face &#224; la r&#233;pression, il se compl&#232;te par l'exigence de la d&#233;mission des chefs de la police, du retrait du projet de centre commercial et des d&#233;crets liberticides en cours, ainsi que d'une critique appuy&#233;e des m&#233;dias turcs. On y trouve p&#234;le-m&#234;le des militants &#233;cologistes de la premi&#232;re heure ou des artistes, tr&#232;s remont&#233;s contre la r&#233;novation urbaine de l'AKP et les destructions de lieux culturels et artistiques, les militants d'une extr&#234;me gauche tr&#232;s morcel&#233;e (issus du TKP, parti communiste turc, et des partis mao&#239;stes, MLKP, DHKP-C, interdits par les autorit&#233;s), les anticapitalistes musulmans, les militants kurdes, des al&#233;vis, des minorit&#233;s opprim&#233;es socialement et &#233;conomiquement par les politiques de l'AKP.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les militants kurdes dans les mobilisations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signe de la profondeur du mouvement, on a vu sur les barricades se c&#244;toyer et affronter ensemble la police anti-&#233;meute les supporters des grandes &#233;quipes de foot rivales d'Istanbul, Galatasaray, Fenerbah&#231;e et Besiktas, mais &#233;galement des militants turques et kurdes. Taksim n'a pas seulement &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de danses et chants traditionnels kurdes, stigmatis&#233;s (et r&#233;prim&#233;s souvent), par l'Etat k&#233;maliste, mais on a aussi vu y flotter les drapeaux &#224; l'effigie d'Abdullah &#214;calan, le leader du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), emprisonn&#233; depuis 1998. Le BDP, la vitrine l&#233;gale du PKK, est divis&#233; sur la marche &#227; suivre vis-&#224;-vis des manifestations. Sa direction craint que la participation de sa base, aux premiers rangs des affrontements avec la police, ne porte un coup d'arr&#234;t au &#171; processus de n&#233;gociation de paix &#187; qu'elle a initi&#233; avec le pouvoir de l'AKP, avec la b&#233;n&#233;diction d'&#214;calan. Les secteurs les plus ouvertement pro-bourgeois du BDP, qui ont vu leur r&#244;le d'interm&#233;diaire se renforcer dans la tentative de &#171; r&#232;glement &#187; du conflit entre l'Etat turc et le mouvement kurde, craignent aujourd'hui que la participation de la jeunesse kurde au mouvement ne mette un frein &#224; leurs ambitions. Cela explique les r&#233;ticences qu'a la direction du BDP &#227; soutenir les manifestants, mais aussi la faiblesse des mobilisations au Kurdistan, et notamment dans sa capitale, Diyarbakir.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ralli&#233; plus tardivement, le CHP, parti r&#233;publicain bourgeois qui regroupe les k&#233;malistes la&#239;cs, a fait son entr&#233;e en sc&#232;ne dans les manifestations. Quoique ce dernier se pr&#233;sente comme le parti d'opposition au r&#233;gime de l'AKP, il d&#233;fend l'h&#233;ritage de l'Etat k&#233;maliste, dont l'AKP ne fait aujourd'hui que poursuivre les m&#233;thodes r&#233;pressives et autoritaires vis-&#224;-vis des minorit&#233;s et des militants d'extr&#234;me gauche. Le CHP, parti de la bourgeoisie la&#239;que promue par Atat&#252;rk, ne peut en r&#233;alit&#233; rien apporter aux demandes d&#233;mocratiques de la population. Il est d'ailleurs mal &#224; l'aise avec une manifestation qui risque de le d&#233;passer, dont il voudrait limiter la teneur &#227; une exigence de la&#239;cit&#233; mais dont il ne peut se d&#233;solidariser au risque de se confronter &#227; sa base &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8230;et un large soutien populaire au mouvement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les partis, les syndicats de gauche comme le DISK et le KESK, c'est une majorit&#233; de la jeunesse non-organis&#233;e qui fait l'&#233;preuve de la mobilisation. A l'image des supporters des &#233;quipes de foot rivales r&#233;concili&#233;s pour l'occasion, et qui semblent &#224; l'avant-garde de la riposte face &#224; la r&#233;pression. Les &#171; ultras &#187; de Besiktas impriment leur marque sur les manifestations. Au premier rang des affrontements avec la police, la rumeur dit &#233;galement qu'ils se seraient empar&#233;s d'un TOMA, v&#233;hicule blind&#233; anti-&#233;meute disposant d'un canon &#227; eau, &#227; Ankara. Ils sont, tout comme cette jeunesse turque r&#233;volt&#233;e, les premiers &#227; d&#233;noncer les assassinats policiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A leurs c&#244;t&#233;s ce sont 2000 avocats qui sont en gr&#232;ve et se portent volontaires pour d&#233;fendre les manifestants arr&#234;t&#233;s, des m&#233;decins et personnels soignants qui assurent les secours. Et les marques de soutien ne manquent pas dans la population : de l'organisation de secours, dans les mosqu&#233;es, les commerces, les universit&#233;s, &#224; l'accueil des bless&#233;s chez l'habitant, en passant par les mixtures anti-gaz et autres ravitaillements laiss&#233;s aux fen&#234;tres dans tous les coins de la ville, on voit bien que les mots d'ordre de la mobilisation rencontrent un large &#233;cho au sein de la population. Gezi est au c&#339;ur de l'organisation du mouvement. Twitter et facebook, malgr&#233; les restrictions impos&#233;es par les autorit&#233;s sur les communications mobiles, sont des outils pour s'organiser devant la complicit&#233; des m&#233;dias au pouvoir, mais comme au cours du printemps arabe, c'est une r&#233;elle opposition diffuse au gouvernement AKP qui sert de v&#233;hicule &#224; la contestation et qui a renforc&#233;, au cours des premiers jours, les mobilisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La contre-offensive d'Erdogan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour de sa tourn&#233;e au Maghreb, parti vanter les qualit&#233;s du patronat turc, Erdogan a &#233;t&#233; accueilli par 3000 de ses partisans &#224; l'a&#233;roport d'Istanbul. Depuis,il multiplie les meetings dans le pays, entre Ankara, Istanbul et Adana, pour occuper l'espace m&#233;diatique et stigmatiser les manifestants. Les traitants de &#171; pillards &#187;, d'&#171; extr&#233;mistes &#187;, d&#233;non&#231;ant un complot &#171; organis&#233; &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur du pays &#187; y compris par ces m&#234;mes m&#233;dias qui au d&#233;but du mouvement ont tout fait pour l'occulter, il a d&#233;velopp&#233; une rh&#233;torique offensive contre les manifestants, accus&#233;s d'user de la violence contre la &#171; d&#233;mocratie &#187;, tout en appelant ses partisans &#224; leur donner, &#224; l'occasion des &#233;lections municipales de 2014, &#171; une premi&#232;re le&#231;on par les urnes &#187;. Ses partisans, et notamment la jeunesse de l'AKP, ne se seraient pas limit&#233;s &#227; cette seule instruction. Ainsi, &#227; Izmir, une jeune manifestante de 17 ans a &#233;t&#233; pass&#233;e &#227; tabac par des hommes en civil arm&#233;s de b&#226;tons ; &#227; Adana des &#233;chauffour&#233;es contre des manifestants ont &#233;t&#233; provoqu&#233;es par l'AKP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inflexibles, Erdogan et l'AKP n'ont pas recul&#233; sur le projet de construction, suspendu pour l'instant, ni sur le d&#233;cret sur l'alcool qu'ils ont pass&#233; en force le 11 juin. Le Premier-ministre essaye de diviser le mouvement entre marginaux, violents et extr&#233;mistes d'un c&#244;t&#233;, et associations et mouvements responsables et partisans du dialogue, de l'autre. Pour l'instant, c'est surtout la police que l'on a vu &#224; l'&#339;uvre, le 11 notamment, lorsqu'elle a repris la Place Taksim aux manifestants &#227; grands renforts de balles en caoutchouc et de canons &#227; eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erdogan veut faire une d&#233;monstration de force. Il veut pousser &#224; la division de la soci&#233;t&#233; turque autour de la question du religieux, &#224; laquelle elle est ramen&#233;e syst&#233;matiquement, pour mieux masquer un discours de classe et la critique du pouvoir en place. L'intransigeance d'Erdogan est tr&#232;s r&#233;v&#233;latrice de la crainte du pouvoir de voir s'unir cette jeunesse urbaine des classes moyennes et les travailleurs : pour cela, la police bloquerait l'acc&#232;s au centre ville des jeunes de la p&#233;riph&#233;rie en encadrant particuli&#232;rement les banlieues stambouliotes, comme elle tente chaque jour de bloquer l'arrivage de manifestants venus de la rive asiatique de la ville pour rejoindre la place Taksim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3904 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://ft-ci.org/local/cache-vignettes/L366xH290/latuff-17c39-4362c.jpg?1692720274' width='366' height='290' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#171; mod&#232;le turc &#187; en question&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est s&#251;re, le mod&#232;le turc, tant vant&#233; aupr&#232;s des voisins moyen-orientaux post-Printemps Arabes, pour sa conciliation des valeurs islamiques, d'une soumission &#224; l'imp&#233;rialisme occidental par son appartenance &#224; l'OTAN, de la pratique d'une &#233;conomie capitaliste et de la &#171; d&#233;mocratie &#187; est largement &#233;branl&#233;. Les r&#233;actions occidentales, et notamment venues des &#201;tats-Unis r&#233;v&#232;lent l'inqui&#233;tude de voir cette r&#233;gion strat&#233;gique pour la protection des int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes au Proche et Moyen-Orient &#234;tre d&#233;stabilis&#233;e par un mouvement de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Perspectives et limites du mouvement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise du mod&#232;le turc, mise en lumi&#232;re par les mobilisations massives, est l'expression des exigences d&#233;mocratiques de ce mouvement contre les restrictions de la libert&#233; d'expression et d'opinion, l'Etat policier, les m&#233;thodes autoritaires de l'AKP, mais &#233;galement les connivences que le pouvoir entretient avec les grands patrons, qu'ils soient du BTP ou des groupes m&#233;diatiques et l'usage outrancier de la violence d'Etat par Erdogan qui a renforc&#233; la radicalit&#233; de la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le gouvernement tente de gagner du temps en usant de la matraque d'un c&#244;t&#233; et en promettant aux fractions les plus mod&#233;r&#233;es de la Plateforme de Taksim de n&#233;gocier. Les manifestants, eux, qui continuent &#227; occuper le Parc Gezi et &#227; manifester &#227; travers le pays, sont bien convaincus qu'il n'y a rien &#227; n&#233;gocier. De l'autre c&#244;t&#233;, il y a le CHP qui esp&#232;re bien tirer les marrons du feu et capitaliser le m&#233;contentement vis-&#224;-vis de l'AKP qui l'a chass&#233; du pouvoir &#224; la suite des &#233;lections de 2002. Mais l'alternative propos&#233;e par le CHP n'en est pas une. Elle n'a d'autre sens qu'une r&#233;affirmation de l'Etat k&#233;maliste bourgeois, n&#233; de l'oppression des minorit&#233;s ethniques (les Kurdes, les Arm&#233;niens, etc.), et religieuses (les al&#233;vis, notamment) profond&#233;ment autoritaire et patriarcal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Atat&#252;rk, comme s'est fait appeler Mustapha Kemal, ne veut dire autre chose (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La satisfaction des revendications d&#233;mocratiques et sociales que porte le mouvement de la jeunesse de Turquie, l'arr&#234;t des grands projets inutiles, tout cela s'obtiendra par un approfondissement de la mobilisation contre le gouvernement AKP qui est, en derni&#232;re instance, une mobilisation contre l'Etat k&#233;maliste. Pour ce faire, le mouvement a besoin de s'&#233;largir &#224; la jeunesse populaire, aux secteurs ouvriers. Les mouvements de gr&#232;ve que l'on a vus en milieu de semaine derni&#232;re sont un premier signal qui va dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours de l'AKP a tenu pendant pr&#232;s de dix ann&#233;es de croissance quasi ininterrompue du pays apr&#232;s la crise de 2001-2002. Aujourd'hui, on voit qu'il fait eau de toute part. Pour se d&#233;barrasser d'Erdogan, de ses grands projets, de ses amis du BTP, de l'ambassade &#233;tasunienne et des repr&#233;sentants sp&#233;ciaux de l'Union Europ&#233;enne, il faudra que chaque usine, chaque atelier, chaque bureau et administration devienne une Place Taksim. Aujourd'hui en tout cas, avec le mouvement de la jeunesse de Turquie, le r&#232;gne de celui qui se r&#234;vait en &#171; nouveau sultan &#187; est plus compromis que jamais. C'est &#231;a la bonne nouvelle de ce nouveau &#171; printemps &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12/06/2013&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le premier soir des &#233;meutes, alors que la Turquie s'embrasait, CNN proposait un reportage &#8230; sur les pingouins.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; R&#233;pression de Renault en Turquie : 25 travailleurs licenci&#233;s pour fait de gr&#232;ve &#187;, 11/2012, NPA auto-critique, &lt;a href=&#034;http://www.npa-auto-critique.org/ar..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.npa-auto-critique.org/ar..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Atat&#252;rk, comme s'est fait appeler Mustapha Kemal, ne veut dire autre chose que &#034;p&#232;re des turcs&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lutte contre l'exploitation et auto-&#233;mancipation des femmes &#224; l'h&#244;pital public</title>
		<link>https://ft-ci.org/Lutte-contre-l-exploitation-et-auto-emancipation-des-femmes-a-l-hopital-public</link>
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		<dc:date>2013-05-28T00:13:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA , Marah Macna, Nina Kirmizi</dc:creator>


		<dc:subject>Europa</dc:subject>
		<dc:subject>Movimiento Obrero</dc:subject>
		<dc:subject>An&#225;lisis</dc:subject>
		<dc:subject>Francia</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C'est &#224; la fin des ann&#233;es 1980, au plein c&#339;ur de l'&#232;re mitterandienne qu'&#233;clate l'un des plus grands mouvements du milieu hospitalier fran&#231;ais. D'avril 1988 &#227; novembre 1988, les infirmi&#232;res tiennent le haut du pav&#233; et organisent gr&#232;ves et manifestations d'ampleur pour d&#233;fendre leur statut contre le d&#233;cret Barzach : &#171; Ni bonnes, ni nonnes, ni connes ! &#187;. A tous ceux, politiciens bourgeois et bureaucrates syndicaux, qui pensaient que cette profession ne pouvait qu'&#234;tre passive et domin&#233;e, les infirmi&#232;res viennent d&#233;montrer leur force et leur combativit&#233;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://ft-ci.org/Articulos-en-frances" rel="directory"&gt;Articulos en franc&#233;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://ft-ci.org/Europa" rel="tag"&gt;Europa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://ft-ci.org/Movimiento-Obrero" rel="tag"&gt;Movimiento Obrero&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://ft-ci.org/Analisis" rel="tag"&gt;An&#225;lisis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://ft-ci.org/Francia-115" rel="tag"&gt;Francia&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3677 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://ft-ci.org/local/cache-vignettes/L500xH308/arton458-81d24.jpg?1701697201' width='500' height='308' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Marah Macna et Nina Kirmizi&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la fin des ann&#233;es 1980, au plein c&#339;ur de l'&#232;re mitterandienne qu'&#233;clate l'un des plus grands mouvements du milieu hospitalier fran&#231;ais. D'avril 1988 &#227; novembre 1988, les infirmi&#232;res tiennent le haut du pav&#233; et organisent gr&#232;ves et manifestations d'ampleur pour d&#233;fendre leur statut contre le d&#233;cret Barzach : &#171; Ni bonnes, ni nonnes, ni connes ! &#187;. A tous ceux, politiciens bourgeois et bureaucrates syndicaux, qui pensaient que cette profession ne pouvait qu'&#234;tre passive et domin&#233;e, les infirmi&#232;res viennent d&#233;montrer leur force et leur combativit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ras la seringue ! &#187; : quand un d&#233;cret met le feu aux poudres chez les infirmi&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1987, lorsqu'est publi&#233; le d&#233;cret Barzach, le milieu infirmier bourdonne d&#233;j&#224; d'une grande col&#232;re. Les conditions de travail de celles que l'on surnomme parfois &#171; les OS de la sant&#233; &#187; sont en constante d&#233;gradation, alors m&#234;me que leurs salaires n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;&#233;valu&#233;s depuis plus de treize ans. Le d&#233;cret de la ministre de la Sant&#233;, Mich&#232;le Barzach, vient mettre le feu aux poudres. D'apr&#232;s ce d&#233;cret, il n'y aurait plus besoin d'avoir le bac pour entrer dans une &#233;cole. Pour les infirmi&#232;res [1], cela signifie que leur travail, d&#233;j&#224; sous-estim&#233; et p&#233;nible, devient un travail d&#233;qualifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant l'exemple de leurs camarades infirmi&#232;res de Grande-Bretagne en lutte contre les plans de restrictions budg&#233;taires de Margaret Thatcher, les infirmi&#232;res fran&#231;aises commencent &#227; s'organiser au d&#233;but de l'ann&#233;e 1988. Les revendications qui &#233;mergent petit &#227; petit d&#233;passent largement le d&#233;cret Barzach, et s'attaquent directement &#224; la gestion capitaliste de la sant&#233;. Quatre revendications sont mises en avant : une hausse de 2000 F des salaires des infirmi&#232;res, un m&#234;me statut pour tous, un droit &#224; la formation continue, de meilleures conditions de travail, et une politique d'embauche massive dans les h&#244;pitaux. Au-del&#224; des revendications sur leur statut et leur salaire, c'est aussi un droit &#227; travailler dans de bonnes conditions que r&#233;clament les infirmi&#232;res. Finie la course aux soins, finies les conversations &#227; moiti&#233; entam&#233;e avec le patient, finis les ordres et contre-ordres des m&#233;decins, finies les &#171; burn out &#187; des infirmi&#232;res et les &#233;quipes d&#233;bord&#233;es : &#171; ras la seringue ! &#187; crient les infirmi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les infirmi&#232;res : une mobilisation impossible ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, et malgr&#233; cette col&#232;re, construire le mouvement des infirmi&#232;res ne fut pas une entreprise ais&#233;e. D&#233;bord&#233;e par des horaires de travail difficiles et sous-repr&#233;sent&#233;e dans les syndicats (moins de 5% &#224; l'&#233;poque, et ce chiffre n'a pas beaucoup augment&#233; depuis), la grande majorit&#233; des infirmi&#232;res n'a aucun espace pour pouvoir s'exprimer. Par ailleurs, il est &#233;vident que la forte f&#233;minisation de la profession accentue la situation difficile dans laquelle sont les infirmi&#232;res pour se mobiliser. Entre les contraintes mat&#233;rielles (enfants, &#171; double journ&#233;e de travail &#187;...) et le discours id&#233;ologique du patriarcat dominant qui d&#233;l&#233;gitime le discours des femmes, difficile de se faire entendre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'h&#244;pital, m&#234;me si certains m&#233;decins et cadres s'expriment en faveur de leurs revendications, il y a bien peu d'&#233;tablissement o&#249; ils mettent en place une solidarit&#233; effective pour soutenir les infirmi&#232;res. Parmi les syndicats, aucun n'est pr&#234;t &#224; la m&#234;me combativit&#233; que les infirmi&#232;res elles-m&#234;mes, et certains vont m&#234;me jusqu'&#224; dire qu'il n'est tout simplement pas possible de faire gr&#232;ve pour une infirmi&#232;re : l'un des responsables de FO parle &#171; d'abandon des malades &#187; et un autre de la CFDT explique qu'&#171; on ne peut pas faire gr&#232;ve comme &#231;a, on s'occupe d'hommes, de mat&#233;riel humain &#187;[Cit&#233; dans Les infirmi&#232;res et leur coordination, 1988-1989, Dani&#232;le Kergoat, Fran&#231;ois Imbert, H&#233;l&#232;ne Le Doar&#233; et Dani&#232;le Senotier, Paris, Editions Lamarre, 1992, p.48]. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, tout ce petit monde semble consid&#233;rer que les infirmi&#232;res, qui sont cens&#233;e faire ce travail par &#171; vocation &#187;, ont un esprit de sacrifice qui rend leur mobilisation beaucoup trop faible pour qu'on y accorde de l'importance. Comme si la volont&#233; de bien faire son travail pouvait rendre &#171; acceptable &#187; ou &#171; normal &#187; de se d&#233;truire la sant&#233; pour cela !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, la profession infirmi&#232;re, tout comme de nombreuses professions de la sant&#233;, est plac&#233;e dans une situation o&#249; l'arr&#234;t total de travail peut mettre en danger la vie de certains patients. Il est difficilement pensable de d&#233;serter l'h&#244;pital, ne serait-ce que parce qu'il faut pouvoir g&#233;rer les urgences. Pour cela, les infirmi&#232;res mettent en place diff&#233;rents types de gr&#232;ves, selon les situations dans les diff&#233;rents h&#244;pitaux : la gr&#232;ve des examens m&#233;dicaux (le service des examens non-urgents est bloqu&#233;), la gr&#232;ve administrative (aucune fiche administrative n'est remplie par le patient, ce qui fait que l'h&#244;pital ne peut pas r&#233;clamer la facture : les soins sont donc donn&#233;es gratuitement) et la gr&#232;ve des soins (seuls les soins les plus urgents sont effectu&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais plus largement, ce qui permettra &#224; la mobilisation de se lancer, et de d&#233;passer toutes ces contraintes sera la cr&#233;ation d'une Coordination nationale des infirmi&#232;res, qui donnera des perspectives pour toutes les infirmi&#232;res encore isol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Coordination des Infirmi&#232;res : pour d&#233;passer les bureaucraties syndicales, les germes de l'auto-organisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour un petit milieu regroupant des infirmi&#232;res mobilis&#233;es en &#238;le-de-France il appara&#238;t n&#233;cessaire de cr&#233;er une autre forme d'organisation, pour permettre &#227; toutes les infirmi&#232;res &#171; syndiqu&#233;es, non syndiqu&#233;es, associ&#233;es, non-associ&#233;es[Peu syndiqu&#233;es, les infirmi&#232;res sont n&#233;anmoins un peu plus organis&#233;es dans des associations d'entraide locale.] et quelques syndicalistes de la CFDT, na&#238;t l'id&#233;e de cr&#233;er ce qui deviendra la Coordination des Infirmi&#232;res (au niveau francilien), puis la Coordination Nationale des Infirmi&#232;res. Ils s'inspirent alors de la Coordination des cheminots, cr&#233;&#233;e en 1986 contre le blocage des salaires &#224; la SNCF. Le 11 avril 1988 est lanc&#233; l'Appel pour une Coordination infirmi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement s'appuie sur les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales organis&#233;es dans chaque h&#244;pital. On y discute des probl&#232;mes v&#233;cus par les infirmi&#232;res, des revendications &#227; mettre en avant mais aussi de l'organisation du travail dans l'h&#244;pital pendant la gr&#232;ve. A partir de chacune de ces assembl&#233;es locales sont &#233;lu-e-s des d&#233;l&#233;gu&#233;-e-s d'h&#244;pitaux pour aller les repr&#233;senter &#224; la Coordination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mois apr&#232;s l'Appel du 11 avril, elles sont plus de 200 infirmi&#232;res, repr&#233;sentant plus de 60 &#233;tablissements &#227; se r&#233;unir &#227; Paris. Mais c'est &#224; la rentr&#233;e 1988, apr&#232;s les cong&#233;s d'&#233;t&#233;, que le mouvement prend une r&#233;elle ampleur. Le 28 septembre, &#224; l'appel de la Coordination, 80% des infirmi&#232;res sont en gr&#232;ve. Plusieurs journ&#233;es de gr&#232;ve de cette ampleur se succ&#232;dent pendant les mois de septembre et d'octobre. Elles renforcent la Coordination, qui devient alors Coordination Nationale le 8 octobre, en pr&#233;sence de 900 d&#233;l&#233;gu&#233;s repr&#233;sentant 400 &#233;tablissements. La gr&#232;ve reconductible est vot&#233;e ce jour-l&#224; , &#224; l'unanimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des centrales syndicales comme du c&#244;t&#233; de l'&#201;tat, la Coordination ne re&#231;oit au d&#233;part que du m&#233;pris. La CGT et la CFDT tiennent &#227; garder leur statut d'interlocuteurs privil&#233;gi&#233;s vis-&#224;-vis de l'&#201;tat. Le porte-parole de la CFDT, Jean-Pierre Masson, ass&#232;ne &#224; la t&#233;l&#233;vision : &#171; Pour n&#233;gocier, il faut &#234;tre &#233;lu &#187;. L'&#201;tat refuse quant &#224; lui cat&#233;goriquement d'accepter la Coordination comme interlocuteur l&#233;gitime. Mais face &#224; la mobilisation, les quelques miettes qui sont donn&#233;es aux syndicats (8% d'augmentation de salaire) ne suffisent pas pour les infirmi&#232;res. Elles poursuivent la mobilisation, gr&#226;ce &#224; l'organisation acquise par la Coordination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long du mois d'octobre, des manifestations nationales ont lieu &#227; Paris. Le 13 octobre, 100. 000 infirmi&#232;res d&#233;filent. Le ministre Claude Evin, qui a succ&#233;d&#233; &#227; Mich&#232;le Barzach, a fini par accepter de recevoir la Coordination, et promet une r&#233;vision de la grille de salaire (500 F de plus en d&#233;but de carri&#232;re, 1000F de plus en fin de carri&#232;re) et une petite politique d'embauche dans certains secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par rapport aux revendications des infirmi&#232;res, les propositions du minist&#232;re ne sont que des miettes. Pire, elles illustrent le profond m&#233;pris qu'inspirent les aspirations des travailleurs &#224; l'Etat-patron : &#171; On leur propose une grille de salaire, et ils r&#233;pondent en racontant leur vie. Comment voulez-vous n&#233;gocier ? &#187; se plaint l'un des conseillers du ministre... Pour de nombreuses infirmi&#232;res, le compte n'y est pas : &#171; A quoi bon gagner plus, si on doit continuer &#227; gal&#233;rer dans les m&#234;mes conditions de travail ? &#187; s'interroge une infirmi&#232;re. La gr&#232;ve et les manifestations se poursuivent donc dans le courant du mois d'octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la gr&#232;ve est difficile. Pour ne pas d&#233;serter les patients, les infirmi&#232;res travaillent &#227; tour de r&#244;le, et s'&#233;puisent entre la mobilisation d'un c&#244;t&#233; et leur travail &#224; l'h&#244;pital de l'autre. Bien souvent, soumises au r&#233;gime du &#171; service minimum &#187;, elles sont r&#233;quisitionn&#233;es par les h&#244;pitaux : les gr&#233;vistes, forc&#233;es de travailler, affichent leur m&#233;contentement par un brassard noir. Cette combinaison est d'autant plus difficile que le choix des infirmi&#232;res de ne pas proposer de revendications inter-cat&#233;gorielles (aux autres travailleurs de la Sant&#233;) affaiblit leur capacit&#233; &#227; faire marcher la solidarit&#233; au sein de chaque h&#244;pital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 octobre, apr&#232;s ren&#233;gociations, la CFDT, la CFTC et FO signent un protocole d'accord. Au mois de novembre, la gr&#232;ve s'essouffle. Seules les manifestations se poursuivent, avec le soutien d'une partie de la CGT, appelant &#224; la reprise des n&#233;gociations, refus&#233;e par Claude Evin. Pour parvenir &#227; faire tenir le mouvement dans la dur&#233;e, la Coordination se constitue en association loi 1901 au d&#233;but de l'ann&#233;e 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de ce d&#233;but d'ann&#233;e 1989, et tout au long des ann&#233;es 1990, le mouvement des infirmi&#232;res se b&#226;tira sur les premi&#232;res pierres pos&#233;es par la Coordination de 1988. Au-del&#224; des limites rencontr&#233;es par ce mouvement de base, la Coordination des infirmi&#232;res fut la premi&#232;re d&#233;monstration de force de cette profession. Elle d&#233;montre les potentialit&#233;s profond&#233;ment subversives des mouvements de femmes travailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ni bonnes, ni nonnes, ni connes &#187; : la r&#233;volte des femmes travailleuses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par les formes de mobilisations et les revendications qui &#233;mergent dans la Coordination, c'est, en germe, toute l'organisation &#171; normale &#187; &#8211; c'est-&#224;-dire sexu&#233;e &#8211; du travail qui est contest&#233;e par cette mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre les discours qui minorisent leurs actions, les infirmi&#232;res vont d&#233;velopper une r&#233;ponse combative : &#171; Ni bonnes, ni nonnes, ni connes ! &#187;. Ni bonniches &#227; tout faire, ni religieuses pr&#234;tes &#227; se sacrifier, ni idiotes &#227; qui on ferait tout avaler, les infirmi&#232;res r&#233;clament simplement ce qui leur est d&#251; : un salaire, un statut, une reconnaissance de leur travail. Elles ne se sacrifieront plus sur l'autel de la gestion &#171; raisonnable &#187; de l'h&#244;pital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ce slogan, et par leur revendication de qualification de leur travail, les infirmi&#232;res vont plus loin que la d&#233;fense de leur unique sort. Profond&#233;ment, au c&#339;ur de leur lutte, c'est aussi la vision dominante des m&#233;tiers dits &#171; f&#233;minins &#187; qui est remis en cause. Pour tous ces m&#233;tiers (infirmi&#232;re, femme de m&#233;nage, ouvri&#232;re dans le textile, coiffeuse...), on fait souvent comme s'il n'y avait pas vraiment besoin de qualification ou de formation, et qu'il suffisait d'&#234;tre dot&#233;e de qualit&#233;s &#171; f&#233;minines &#187; pour les exercer : la douceur, l'habilet&#233;, la gentillesse, le calme, la compassion... C'est ainsi qu'on traite les infirmi&#232;res, suppos&#233;es avoir &#171; naturellement &#187; cette vocation. En r&#233;alit&#233;, toutes ces &#171; qualit&#233;s f&#233;minines &#187; ne sont qu'une mani&#232;re de d&#233;pr&#233;cier le travail des femmes, de le d&#233;qualifier pour mieux l'exploiter, en imposant des conditions de travail intenables sous pr&#233;texte que ces femmes ont naturellement la &#171; vocation &#187; &#227; se sacrifier.[Voir sur le sujet : Se battre, disent-elles, de Dani&#232;le Kergoat, Paris, La Dispute, coll. &#171; Le genre du monde &#187;, 2012, 353p.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le mouvement lui-m&#234;me a vu na&#238;tre des remises en cause de l'organisation du travail &#224; l'h&#244;pital. De nombreuses infirmi&#232;res profitent de ce mouvement pour critiquer un &#233;tat de fait : la m&#233;decine de l'h&#244;pital est la plupart du temps une m&#233;decine r&#233;paratrice, qui ne fait que panser les blessures et recoudre les plaies, c'est &#227; dire une m&#233;decine partielle, qui ne r&#233;sout pas les probl&#232;mes multiples rencontr&#233;s par le patient. Les infirmi&#232;res, qui sont plus proches des malades que ne le sont les m&#233;decins, revendiquent le fait de mettre en place une m&#233;decine pr&#233;ventive et globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le r&#244;le m&#234;me que prend l'h&#244;pital dans notre soci&#233;t&#233; qui est remis en question. Comment r&#233;pondre aux mis&#232;res, aux souffrances cr&#233;&#233;es par cette soci&#233;t&#233; ? Comment l'h&#244;pital pourrait-il rester un &#238;lot de bien-&#234;tre, alors que d&#232;s leur sortie, les patients sont confront&#233;s aux m&#234;mes probl&#232;mes : un travail ali&#233;nant qui d&#233;truit le corps et l'esprit, les probl&#232;mes d'argent, les probl&#232;mes de logement, etc... Par exemple, l'un des probl&#232;mes pos&#233;s par certaines membres de la Coordination est celui des patients trop malades que l'h&#244;pital renvoie chez eux lorsqu'il ne peut plus rien faire : que deviennent ces malades, et sur qui, &#227; part leur famille, et plus pr&#233;cis&#233;ment les femmes de leur famille, reposent d&#233;sormais cette charge ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, d&#232;s le d&#233;but du mouvement, &#233;merge une prise de conscience de la part des infirmi&#232;res, celle d'&#234;tre soumise &#227; une oppression sp&#233;cifique en tant que femme : &#171; Quand on a fait la premi&#232;re assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, en juin, il n'y a que les mecs qui ont pris la parole, parce qu'ils avaient l'habitude. [Avec une camarade infirmi&#232;re], on s'est dit : &#171; Mais c'est pas possible. [&#8230;] On est une Coordination infirmi&#232;re, on a des projets, on est 80% de femmes dans cette profession, et aujourd'hui il n'y a que des hommes qui ont pris la parole ! &#187;[Entretien d'une infirmi&#232;re cit&#233;e dans Les infirmi&#232;res et leur coordination, 1988-1989, Dani&#232;le Kergoat, Fran&#231;ois Imbert, H&#233;l&#232;ne Le Doar&#233; et Dani&#232;le Senotier, Paris, Editions Lamarre, 1992, p.135.]. Pour lutter contre cela, la Coordination d&#233;cide que pour repr&#233;senter les infirmi&#232;res, seules des femmes pourront &#234;tre d&#233;sign&#233;es comme porte-paroles, seules des femmes pourront faire partie du service d'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, au cours des mois d'&#233;t&#233; 1988, elles s'organisent pour prendre en charge collectivement l'apprentissage de la parole publique. Ici, la prise de conscience de l'exploitation sp&#233;cifique &#224; leur profession, et la r&#233;sistance qui lui est oppos&#233;, se chargent d'une remise en cause beaucoup plus globale, de la domination patriarcale qui s'exerce dans la soci&#233;t&#233;. Cet exemple, nous montre que les conditions de la mobilisation, ici la n&#233;cessit&#233; de la prise de parole et de la repr&#233;sentation d'un secteur sur-f&#233;minis&#233;, obligent &#227; d&#233;passer les barri&#232;res mentales qui s'imposent &#227; elles, &#227; trouver des moyens pour les combattre. Ces mesures, bien que formelles, ont permis l'&#233;mergence aupr&#232;s du grand public de l'image subversive d'un collectif de femmes travailleuses, luttant pour leur &#233;mancipation des figures patriarcales et patronales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des infirmi&#232;res est venu &#233;branler les rapports de notre soci&#233;t&#233; &#224; la sant&#233; et au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses infirmi&#232;res mobilis&#233;es ne se disaient pas f&#233;ministes, et pourtant leur combat pouvait r&#233;sonner pour toutes les femmes travailleuses. En exigeant la reconnaissance d'une qualification professionnelle, en proposant une r&#233;flexion sur l'am&#233;lioration globale de la prise en charge m&#233;dicale, elles ont remis en cause la division sexuelle du travail sur laquelle s'appuient les employeurs &#8211; &#171; d&#233;vouement f&#233;minin &#187; et subordination &#8211; pour mieux les exploiter. De fait, leur mouvement met au premier plan le r&#244;le que les femmes travailleuses ont &#227; jouer, non seulement dans la subversion de ce syst&#232;me patriarcal, mais &#233;galement dans le renversement de l'h&#244;pital capitaliste sur lequel il s'appuie. Mais pour cela, pour que ce mouvement de fond parvienne &#227; maturit&#233;, il a manqu&#233; certainement aux infirmi&#232;res la capacit&#233; &#227; se lier profond&#233;ment avec les autres secteurs de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corporatisme et ti&#233;deur des organisations : un mouvement qui s'essouffle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Coordination des infirmi&#232;res fut beaucoup critiqu&#233;e pour son corporatisme. En effet, une partie des infirmi&#232;res a toujours revendiqu&#233; le fait qu'elles ne parlaient qu'au nom des infirmi&#232;res, et qu'elles voulaient &#227; tout prix ne pas &#171; se faire noyer &#187; dans les revendications des autres professions, y compris celles des h&#244;pitaux. Les aides-soignantes, qui pourtant sont tr&#232;s proches du travail des infirmi&#232;res au quotidien, ne furent pas invit&#233;es &#227; participer &#224; la Coordination. De fait, il y a de nombreuses difficult&#233;s &#227; organiser la gr&#232;ve localement, &#227; gagner en surface de mobilisation, pour donner &#224; la gr&#232;ve un caract&#232;re plus strat&#233;gique et faire aboutir les revendications. Lorsque le mouvement s'essouffle, les divisions s'accentuent entre les partisans d'une lutte &#171; cat&#233;gorielle &#187; (uniquement pour les infirmi&#232;res) et l'aile gauche du mouvement (partisans de l'alliance avec les autres secteurs)[Le mouvement des infirmi&#232;res et ses divisions donn&#232;rent naissance &#227; deux organismes : la Coordination Nationale des Infirmi&#232;res, qui se constitue en association loi 1901, et la CRC Sant&#233; (Coordonner, Rassembler, Construire), issu de l'exclusion de certains militants CFDT suite &#224; leur participation au mouvement des infirmi&#232;res, et qui deviendra Sud-Sant&#233;-Sociaux.].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, parmi les freins &#224; la convergence des luttes au sein des h&#244;pitaux, il faut bien entendu tenir compte de l'absence, puis de la ti&#233;deur de l'engagement des centrales syndicales. Peu &#171; int&#233;ress&#233;es &#187; par la r&#233;volte des infirmi&#232;res &#8211; d&#233;cid&#233;ment trop femmes &#8211; et encore marqu&#233;e par l'id&#233;ologie patriarcale dominante, celles-ci n'ont fait au mieux que suivre un mouvement dont elles ne contr&#244;laient rien (de nombreuses fois, c'est la situation dans laquelle s'est trouv&#233;e la CGT), au pire se f&#233;liciter de n&#233;gociations auxquelles la Coordination n'avait m&#234;me pas &#233;t&#233; invit&#233;. De la m&#234;me mani&#232;re, l'extr&#234;me-gauche semble ne pas avoir &#233;t&#233; en capacit&#233; de promouvoir un autre son de cloche, de convaincre sur un autre programme d&#233;nu&#233; de corporatisme, alors m&#234;me que des militants (de la LCR principalement) &#233;taient impliqu&#233;s dans le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A la recherche d'une solidarit&#233; de classe contre l'h&#244;pital capitaliste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la t&#233;nacit&#233; de la lutte, la &#171; sympathie &#187; de la population et des patients envers le mouvement, qui a abondamment &#233;t&#233; montr&#233;e par les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s de l'&#233;poque, n'a pas &#233;t&#233; rendue concr&#232;te : ni par la mise en place d'une caisse de gr&#232;ve en direction des patients et des familles solidaires, ni en int&#233;grant au mouvement, d'autres professionnels de la sant&#233;, tout autant touch&#233;s par la d&#233;gradation des conditions de travail du milieu hospitalier, et qui auraient pu ais&#233;ment se mobiliser sur des mots d'ordre commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications des infirmi&#232;res ne manquaient pourtant pas de liens avec les revendications populaires. La mobilisation contre le d&#233;labrement organis&#233; des conditions de travail au sein de l'h&#244;pital public, avec un sous-effectif permanent des &#233;quipes, le manque cruel de moyen (lit, m&#233;dicament, chambre), l'augmentation du risque d'erreur m&#233;dicale, sont des revendications du secteur des soignants, qui se retrouvent au-del&#224; des infirmi&#232;res, mais elle pose &#233;galement la question d'une lutte pour l'acc&#232;s &#224; la sant&#233; pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mot d'ordre peut trouver un &#233;cho certain au sein des secteurs les plus strat&#233;giques de l'industrie : comme chez les travailleurs de Goodyear, qui se sont battu pour faire reconna&#238;tre la responsabilit&#233; de l'entreprise dans la mort de plusieurs ouvriers, apr&#232;s des ann&#233;es d'inhalation de produits toxiques utilis&#233;s dans la fabrication des pneus [2], ou chez les travailleurs de l'automobile, ab&#238;m&#233;s par des ann&#233;e sur la cha&#238;ne, et dont certains sont pouss&#233;s au suicide du fait des m&#233;thodes de harc&#232;lement et de pression impos&#233; par l'ordre patronal. Il faudrait pour cela articuler la remise en cause de la gestion capitaliste de sant&#233; publique dans les h&#244;pitaux, &#227; celle d'un syst&#232;me qui exploite et d&#233;truit la sant&#233; des travailleurs. Ce n'est que de cette mani&#232;re l&#224; que pourra s'organiser une r&#233;elle solidarit&#233; de classe contre l'organisation capitaliste de la sant&#233;. Et c'est ce dont ce mouvement a fait d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte des infirmi&#232;res pour d&#233;fendre leur statut est une lutte l&#233;gitime contre l'exploitation qu'elles subissent au quotidien. Mais elles ne peuvent parvenir &#227; faire aboutir leurs revendications, ni en tant que femmes, ni en tant que travailleuses, si elles restent isol&#233;es. Allier les autres secteurs de la classe ouvri&#232;re &#224; la prise en charge de la sant&#233; pour tous n'est pas seulement l&#233;gitime. C'est aussi une question strat&#233;gique pour construire un mouvement v&#233;ritablement organis&#233; &#224; la base, &#227; m&#234;me d'imposer un rapport de force qui leur soit favorables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ni pigeonnes ! Aujourd'hui, la rel&#232;ve des infirmi&#232;res ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de la d&#233;cennie 1990, leur mouvement tentera diverses formes d'action [3]. Les petites victoires accumul&#233;es pendant ces ann&#233;es de lutte n'ont pour autant pas r&#233;ussi &#227; modifier en profondeur les conditions de travail des infirmi&#232;res. Manque de moyens dans les h&#244;pitaux, isolement des infirmi&#232;res, effectifs trop faibles, horaires surcharg&#233;s&#8230; L'offensive n&#233;o-lib&#233;rale sur les h&#244;pitaux ne s'est pas arr&#234;t&#233;e &#224; la porte des ann&#233;es 2000, loin de l&#224; . D&#233;j&#224; en 2007, les &#233;tudiants infirmiers s'&#233;taient mobilis&#233;s pour la reconnaissance de leur dipl&#244;me (dipl&#244;me &#227; Bac +3 consid&#233;r&#233; comme Bac+2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'automne dernier, une nouvelle vague de mobilisation a &#233;t&#233; lanc&#233;e, autour d'un appel diffus&#233; sur facebook. Le slogan de 1988 est repris et actualis&#233; &#224; la sauce 2012 : &#171; Ni bonnes, ni nonnes, ni pigeonnes ! &#187;. Apr&#232;s le mouvement des soi-disant &#171; pigeons &#187;, qui contestaient la mesure (bien vite abandonn&#233;e) du gouvernement Hollande pour l'imposition du capital au m&#234;me titre que celle du travail, les infirmi&#232;res rappellent qui sont les vrais &#171; pigeons &#187; du syst&#232;me capitaliste : les travailleurs et travailleuses exploit&#233;es, dont les infirmi&#232;res !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des mois derniers, ce sont les personnels infirmiers, aides soignants, m&#233;decin des services d'urgence qui se sont mis en gr&#232;ve &#227; Pontoise [4], &#227; Rambouillet [5], qui se mobilisent &#227; Poissy et &#227; Maison-Laffite pour d&#233;noncer les plans de r&#233;organisation et le sous-effectif structurel, tout en continuant &#227; travailler du fait de l'avis de r&#233;quisition. M&#234;me si ces mouvements de d&#233;brayage et de mobilisations restent ponctuels et isol&#233;s, ils montrent que la grogne au sein du secteur de la sant&#233; n'a pas d&#233;semplie depuis l'&#233;poque de la Coordination infirmi&#232;re, et pr&#233;sage de s'accentuer avec l'accentuation de la crise capitaliste et sa traduction par des coupes s&#233;v&#232;res dans le budget de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire du mouvement des infirmi&#232;res n'est donc pas encore enterr&#233;e. Elle doit aujourd'hui s'appuyer sur cet h&#233;ritage de lutte et d'auto-organisation pour relever la t&#234;te et renverser le syst&#232;me de la sant&#233; capitaliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;[1] Les femmes repr&#233;sentants plus de 90% de la profession, nous &#233;crirons ici &#171; les infirmi&#232;res &#187;, bien qu'&#233;videmment des hommes soient pr&#233;sents dans le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &lt;a href=&#034;http://www.ccr4.org/La-mort-en-bout..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ccr4.org/La-mort-en-bout..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Notamment un long sit-in devant le minist&#232;re de la Sant&#233; &#8211; qui durera du 3 octobre 1991&#8230; au 18 juin 1996 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] &#171; Gr&#232;ve aux urgences de nuit &#224; l'h&#244;pital de Pontoise &#187;, Le Parisien, 10/04/2013, &lt;a href=&#034;http://www.leparisien.fr/chatenay-e..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.leparisien.fr/chatenay-e..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] &#171; Rambouillet, Gr&#232;ve au service des urgences &#187;, La Parisien, 10/04/2013, &lt;a href=&#034;http://www.leparisien.fr/espace-pre..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.leparisien.fr/espace-pre..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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